‹ Saint AugustinChapitre 63 sur 292 · Hoc formahile nondumque formatum · texte numérisé non relu

Hoc formahile nondumque formatum

tôt à cela? Or il y a un verbe vrai, lorsque ce quelque chose dont je disais que nous lui imprimons mille mouvements, parvient à l'état de perception claire^, possède ainsi sa détermination et représente la notion perçue ; alors il arrive que, conformément à notre perception, la pensée existe, mais pensée sans langage et sans conception intérieure de langage ; car pareille conception appartient à une langue déterminée -. »

Le passage ainsi traduit a, dans l'original, un tour assez subtil; on pourra, si l'on serre le texte de très près, éprouver quelque difficulté à traduire; mais le sens réel apparaît très clairement. Car enfin, dans ce passage, saint Augustin mentionne, peu importe en quels termes, une détermination de' notre connaissance primitive très confuse; or, selon lui, cette connaissance, comme telle, a pour objet Dieu lui-même; elle est un total, obscur pour nous, dont nous éclaircissons chaque fois une partie.

Voici, d'ailleurs, une particularité plus importante : entre notre verbe et le Verbe de Dieu, la différence consiste en ce que le Verbe de Dieu a toujours son absolue détermination, laquelle est un degré absolu de connaissance claire ^ ; mais « notre pensée, au contraire, arrivée à l'état de perception claire, et dès lors devenue déterminée (ou limitée), est notre verbe véritable^». Voilà,

i. Ad id quod scimuspervenit.

2. De Trinitate, lib. XV, c. xv, n" 25; t. VIII, col. 1078, 1079.

3. Lib. XV, c. XV, n» 25 in fine; cf. c. xvi. La pensée de Dieu n'est jamais ni confuse, ni incomplète ; c. xiv, n" 23; t. VIII, col. 1077, et c. xv, n°25; col. 1079.

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