De Unitate Ecclesix, c. xix, n"50: t. IX, col
8i SAINT AUGUSTIN.
du chapitre iii^ à un raisonnement de complaisance, gratuitement imaginé et rapporté aune circonstance disparue. Mais, au début, se trouve la phrase : « Si j'avais considéré sobrement et diligemment, avec une intention suppliante et pieuse-. » Puis, comme conclusion du discours, on lit : i< Or, ces réflexions et d'autres semblables, j'aurais pu les adresser (aux Manichéens) ou les méditer en moi-même. J'aurais pu, en effet, à la condition de prier Dieu, comme on dit, du fond des entrailles, et de me tenir, selon mes forces, attentif aux saintes Écritures, j'aurais pu, même alors, peut-être, exprimer de telles réflexions, ou, du moins, les méditer : et cela aurait suffi pour mon salut ^. »
Le treizième livre de l'ouvrage contre Fauste le Manichéen [400], s'il ne dépasse pas le traité de Y Utilité de croire, contient des détails nouveaux dont il faut admirer la précision et la force. « Les livres des Hébreux, disait Fauste, seraient-ils vrais, nous sont inutiles avant la foi, mais après la foi, ils nous sont superflus : avant, en effet, nous ne pouvons pas les croire, mais maintenant nous les croyons par surabondance *. » Saint Augustin oppose d'abord des réflexions qui rappellent les huit premiers chapitres du traité Des deux âmes : un infidèle, en s'y prenant bien, pourrait, il y a lieu de
1. Jlicvero hœrerenl fortasse {Manichcci), dvccmque rotionetn sequi recusarent: ianla est vis veternosarum opiniomnn, et diu defensxatque crédita; falsitotis (n" 3; t.VIlI, col. S6).