Voir liv. I. c. iv
donc au-dessus de notre âme une loi (absolue) qui se nomme la vérité. « Dès lors, n'en doutons plus, cette essence immuable, supérieure à l'âme raisonnable, c'est Dieu ^ » Fénelon, traduisant presque ce passage , a écrit : « Où est cette raison parfaite qui est si près de moi et si
différente de moi? Où est cette raison supérieure?
N'est-elle pas le Dieu que je cherche 2? » La suite, dans saint Augustin, développe cette même considération; les deux chapitres xxxi et xxxii répètent que notre notion du vrai, du beau, de l'unité nous représente diversement notre connaissance de Dieu. Et ce ne sont pas les perfections extérieures créées, qui, perçues par nous et s'ajoutant les unes aux autres dans notre esprit, y forment une certaine notion de perfection absolue. Bien au contraire, nous jugeons les perfections extérieures, et nous les jugeons parce que déjà nous avons une coimaissance fondamentale confuse de la perfection absolue. L'univers, sans doute, nous révèle Dieu; c'est dire que l'univers est pour nous l'occasion de nous rendre compte combien déjà nous connaissions Dieu. Les perfections créées nous charment, et en même temps, elles sont incapables de nous satisfaire; nous les sentons trop inférieures, et nous percevons ainsi avec plus de clarté la perfection absolue qui était présente à notre âme et que, jusqu'alors, nous n'avions pas su apercevoir.
Tel est le raisonnement exposé dans les deux chapitres de la Vraie Religion^. On ne trouvera, d'ailleurs,
1. De vera Religione, c. xxx, n" 56; c. xxxi, n" 57; t. III, col. 147.