De Civitate Dei, lib. XI, c. xxi ; t. VII, col
une idée de la science divine^. » Un mot des Confessions exprime l'absolu de la science divine : « Vous êtes totalement, et vous seul vous connaissez votre être, ô vous qui êtes immuablement, et qui savez immuablement, et qui voulez immuablement 2. »
La beauté absolue, laquelle est une certaine unité et une certaine harmonie, appartient à l'essence divine : — « En Dieu, rien d'inégal, rien de dissemblable à soimême )),rien qui ressemble à du désordre, à de la confusion^. Dieu est le principe souverain de cette harmonie, de cette concordance et de cet ordre sans lesquels il n'y a aucune sorte de beauté^. Ajoutons ce mot des Soliloques : « Je vous invoque, ô Dieu vérité, en qui et par qui sont vraies toutes les choses qui sont vraies^. »
Dieu est libre ; il agit par lui-même, et en vue de luimême : « Ce n'est pas la contrainte d'une nécessité, ce n'est pas le besoin de ce qui pourrait lui être utile, mais c'est la seule bonté qui a décidé Dieu à faire ce qu'il a fait, c'est-à-dire ce qui est bon ^. » Il agit selon sa décision absolue : « Il aurait pu ressusciter Judas, comme il ressuscita Lazare ; mais il ne voulut pas^. » Il est certain que Dieu ne peut pas vouloir le mal, mais cette impossibilité ne diminue pas en lui le libre arbitre ^. Et en-
1. Lib. II, Queest. II, n" 3; t. VI, col.' 140. Voir ci-dessus, liv. I", c. iv, paragr. 6.