‹ Saint AugustinChapitre 95 sur 292 · De Natura et Gralia,c. vu, n« 8; t. X, col · texte numérisé non relu

De Natura et Gralia,c. vu, n« 8; t. X, col

8. Certe Deus ipse quoniam peccare non poiest, non ideo liberuni arbi-

core : « Gardons-nous de dire que, par suite de son incapacité à vouloir pécher, Dieu est donc juste par nécessité et non par volonté ^ » Cette incapacité est, au contraire , un surcroit de force , une perfection : « La nature divine ne peut aucunement pécher, parce qu'elle ne peut pas s'abandonner elle-même ^ . » Nul obstacle ne saurait, d'ailleurs, gêner la liberté de Dieu : « La volonté du tout-puissant est toujours invincible. Jamais elle ne peut être mauvaise ; car dans les maux qu'elle fait subir elle est juste; et puisqu'elle est juste, elle n'est pas mauvaise. Donc, Dieu tout-puissant ne fait rien d'injuste, il ne fait que ce qu'il veut ; et tout ce qu'il veut, il le fait ^, »

C'est là une vérité très claire, et aussi très profonde; nous ne la comprenons pas dans toute sa plénitude; mais plus tard, « dans l'éclatante lumière de la sagesse divine, apparaitra ce qui, aujourd'hui, est pour les âmes pieuses un objet de foi, et qui, alors, devra être parfaitement connu ; il apparaîtra combien la volonté de Dieu est certaine, immuable et tout efficace; combien sa puissance s'étend au delà de ses décisions, mais combien ses désirs ne dépassent jamais sa puissance ^ ».

Tout. ce que nous pouvons dire de Dieu, tout ce que nous lui attribuons, et qui, dans notre langage, paraît

trium habere negandus est [De Civitate Dei, lib. XXII, c. xxx, n" 3; t. VII, col. 802).

1. De Natura et Gratia, c. xlvi, n° 5i; t. X, col. 273. — Cf. Contra Maximinum arianum.Vih. II, c. xii, n" 2; t. VIII, col. 7G8.

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