N° 7; col
Augustin, que ce titre énoncé le dernier, signifie uniquement la substance de Dieu, et que les autres titres désignent les qualités de cette substance. Mais dans cette nature ineffable et sainte, il n'en est pas ainsi ; car tout ce qu'on en dit et qui semble désigner une qualité, doit s'entendre de la substance ou de l'essence ^ »
Nous connaissons Dieu comme le suprême intelligible, et cependant notre connaissance de Dieu aboutit au mystère : non certes que, sur tous les points, elle manque toujours de clarté, et que, par exemple, en disant de Dieu qu'il est immuable , nous devions aussitôt avoir conscience de ne pas comprendre; mais notre connaissance est incomplète : « Nous parlons de Dieu selon la capacité de notre intelligence 2. » Ce mot fut écrit en 415; mais saint Augustin avait senti de bonne heure l'impossibilité de connaître jusqu'au bout; il disait, en 386, au lendemain de sa conversion : « L'on connaît Dieu, surtout en l'ignorant », Deus qui scitur meliiis nesciendo^\ et encore : « Pour l'âme toute la science de Dieu consiste à savoir comment elle ignore Dieu^. » Nous connaissons l'être divin, plus que nous
1. C. V, n^S; col. 1062. — Cf. c. vi, n° 9 : « Sua est ipse sapientia; quia non est aliud sapientia ejus aliudessentia, cui hoc est esse quod sapientem esse » (col. 1063). — Cf. Confess., lib. I, c. vi, n" 10; t. I, col. 665. — Cf. De Civitate Dei, lib. VIII, c. vi.
2. « Ut eo modo dicatur quo potest humano affcclu capi quod dicitur » (De Trinitate, lib. V in fine; t. VIII, col. 92 i). — Cf. De Genesi contra Manichœos : « Nihil enim de Deo digne dici potest... Nobis aulem ut enutriamur, et ad ea perveniamus quae nullo humano sermone dici possunt, ea dicuatur qux capere possumus » (c. viii, n° 14; l. III,
col. 180).