‹ Saint Basile (329-379): (329-379)Chapitre 104 sur 146 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

T,a fin de la vie de saint Basile fut marquée par une grande joie. Lui qui, humblement, attribuait h ses péchés le démenti jusque-là donné par les événements à toutes ses espérances*, les vit enfin s'accomplir. Quand il mourut, les catholiques jouissaient partout de la paix. La tyrannie exercée depuis quarante-sept ans par les ariens était brisée.

Refoulés par les Huns, qui, pour la première fois, apparaissent dans l'histoire, les Goths des rives du Danube avaient obtenu de Valens, en 876, la permission de passer le fleuve pour s'établir comme vassaux dans l'Empire. Mais la mauvaise foi de quelques officiers romains les mécontenta : prenant l'offensive, ils inondèrent laThrace, pendant que d'autres Goths, qui servaient comme auxiliaires dans la garnison d'Andrinople, faisaient défection et allaient rejoindre leurs compatriotes. Valens, alarmé, demanda du secours à son neveu Gratien, qui avait succédé en Occident à Valentinien.

En 877, une bataille sanglante fut livrée à Saiices, entre les Goths etles Romains, commandés par un ami de Hasile*. le comte Trajan. La victoire demeura indécise ; Valens, qui résidait à Antioche, se décida à quitter celte ville. Il se rendit h Constantinople, où le peuple, in-

i. Saint Basile, Ep. 266.

a. Saint Basile, Ep, 148, 149.

quiet des progrès de rinvasion, le reçut assez mal. Valens déchargea sa colère sur Trajan, coupable de n'avoir pas été victorieux, et lui ôta son commandement. On raconte que Trajan osa lui répondre : « Ce n'est pas moi, seigneur, qui ai été vaincu. C'est toi-même qui as donné la victoire aux Barbares et qui leur as procuré le secours de Dieu en t'armant contre lui. Parce que tu lui as fait la guerre, il s'est mis du côté de tes ennemis. Ne te sou viens- tu pas de ceux que tu as chassés des églises, et de ceux que tu en as rendus les maîtres ? » D'autres généraux, dont l'un, Victor, était encore un ami de saint Basile \ approuvèrent ces paroles*. Sans se laisser émouvoir, Valens donna le commandement de l'armée au comte Sébastien, qui, bien que professant le manichéisme, avait été l'un des agents les plus cruels de la persécution, et, vingt ans plus tôt, avait accablé les catholiques de mauvais traitements lors de l'élévation de l'évêque intrus Georges en remplacement de saint Athanase sur le siège d'Alexandrie' : c'est le même général qui, en 363, commandait avec Procope, pendant l'expédition persane de Julien, l'armée de secours vainement attendue par celui-ci*. Quelques succès partiels donnèrent courage à Valens. Sans attendre l'arrivée de Gratien, retardé par des combats victorieux contre les Alemans, il se porta, en 3^8, vers Andrinople, autour de laquelle s'était concentrée l'armée des Goths. Dans la bataille livrée le 9 août sous les murs de cette ville, les Romains furent entièrement défaits. Leurs meilleurs généraux périrent, parmi lesquels Trajan, dont nous avons rapporté l'énergique

Page 1