I. ffexaem., IX, 4* a. Ibid., IX
les choses visibles et sensibles, comme on conduirait par la main, ses auditeurs jusqu'à la contemplation des choses invisibles',*» et les faisait monter par degrés de Tétude des créatures jusqu'aux sommets les plus élevés de la philosophie et de la religion.
Nous avons essayé de caractériser, plus encore que d'analyser, les célèbres discours de saint Basile sur Y Hexaemeron, On ne sait pourquoi il ne les termina pas, et s'arrêta à l'œuvre du cinquième jour. Le discours sur la création de l'homme manque, et certainement ne fut pas prononcé, car saint Grégoire de Nysse se crut obligé de l'écrire, pour compléter l'ouvrage inachevé de son frère*. Peut-être une des fréquentes maladies qui éprouvèrent Basile l'avait-elle obligé d'interrompre brusquement cette station de carême, et comme les sermons en étaient improvisés, rien ne se retrouva dans ses papiers de celui qu'il n'avait pas prêché. Quoiqu'il en soit, il est facile de comprendre l'impression produite par cette prédication si originale sur le peuple de Césarée. On ne sera pas surpris que l'antiquité chrétienne tout entière ait admiré un travail à bien des égards très neuf, où le grand style de Basile se développe dans tout son éclat, et où il fait preuve non seulement des plus hautes qualités du théologien et de l'orateur, mais encore d'une science aussi complète qu'on pouvait la posséder à son époque. « Quand je prends en main son Hexaemeron^ s'écrie saint Grégoire de Nazianze, je me sens uni au Créateur, et il me semble que je connais mieux les raisons de la création'. » Saint Ambroise fera de ce recueil un éloge