‹ Saint BasileChapitre 117 sur 137 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

sont pour la plupart des chrétiens oublieux d'un seul devoir, et scrupuleux à remplir les autres. « J'en connais qui jeûnent, prient, gémissent sur leurs péchés, accomplissent toutes les œuvres de piété qu'ils peuvent faire sans dépense, et n'offrent jamais une obole aux indigents ^ » Mais il est d'autres riches qui à l'avarice joignent l'injustice. Les paroles qui suivent en disent long sur les misères du temps. « Les richesses de ceuxlà, personne ne peut en soutenir le poids : tout cède à leur tyrannie : leur puissance est formidable à tous. Ceux à qui ils ont fait tort songent plus à se préserver de nouveaux dommages qu'à tirer vengeance des premiers. Ce riche a des jougs de bœufs pour labourer, ensemencer, moissonner des champs qui ne sont pas à lui. Si tu résistes, il frappe ; si tu te plains, il te poursuit pour injure, te fait condamner à la servitude, jeter en prison : les faux témoins sont prêts, dont les paroles mettront ta vie même en péril. Tu te trouves heureux si tu peux enfin acheter de lui ton repos*. » Pour ces oppresseurs, Basile est sans pitié ; il met sous leurs regards le tableau terrible de leur dernier jour, où « partout où ils tourneront les yeux, ce sera pour apercevoir l'image de leurs crimes : ici, les larmes des orphelins, là, les gémissements des veuves, ailleurs les pauvres portant encore les traces des coups reçus, les esclaves couverts de contusions, les voisins exaspérés : toutes ces choses se tournent contre eux, et les enferment dans un cercle d'actions coupables'. »

De ceux-là mêmes, cependant, Basile ne veut pas désespérer. Il en a parmi ses auditeurs. Il s'e (Force de « par-

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