‹ Saint BasileChapitre 49 sur 137 · I. Saint Grëgoire de Na/ianze, Oratio XLIII · texte numérisé non relu

I. Saint Grëgoire de Na/ianze, Oratio XLIII

« Tu devrais, dit-il h Basile, être bien aise de recevoir Tempepeur dans ton Église, et de le compter au nombre de tes fidèles. Que faudrait-il, pour obtenir cette faveur? presque rien : ôter du symbole le mot consubstantiel^ . »

Beaucoup de personnes avaient déjà conseillé à Basile de faire provisoirement cette concession de forme, afin de détourner l'orage qui s'amassait sur sa tète*. Mais lui, avec son habituelle fermeté :

« Je souhaiterais beaucoup, répondit-il, de voir l'empereur dans la véritable Église, parce que je désire son salut et celui de tous lés hommes. Mais je suis si éloigné d'ôter ou d'ajouter quelque chose au symbole de la foi, que je n'oserais pas seulement y changer l'ordre des paroles*. »

Pendant ce colloque, la nuit était venue. On raconte que le préfet invita Basile à réfléchir jusqu'au lendemain, et à lui donner alors sa réponse. « Je serai demain ce que je suis aujourd'hui, » répondit l'évêque, et, dans sa soif de martyre, il ajouta : « Je souhaite que toi non plus tu n'aies pas, demain, changé de sentiments à mon égard*. »

Tel était l'état des choses au moment où Valens fitson entrée dans la capitale de la Cappadoce. Il était doublement irrité contre les catholiques de Césarée. Il se souvenait de l'échec de la tentative faite quatre ans plus tôt contre leur foi, et il n'oubliait pas la part que Basile, alors simple prêtre, avait eue h cet échec. La résistance que ses agents venaient de rencontrer de nouveau portait au comble sa colère. Pour lui plaire, ceux-ci se cru-

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