Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XLIII^ 5i
cVêtre du fer. » Valens se demandapar quel moyen, sans abandonner ses propres opinions, il parviendrait à se concilier Basile. L'approche d'une des grandes solennités de l'Eglise parut lui en donner l'occasion.
C'était le jour de l'Epiphanie (6 janvier 372). Le peuple était assemblé dans la principale église de Césarée : l'office se célébrait avec cette régularité et cette pompe que Basile avait établies. Valens, suivi de sa cour, entra dan§ la basilique et se plaça parmi les fidèles. Il écouta d'abord avec admiration le chant alterné des psaumes, où les voix de tous les assistants, divisés en deux chœurs, se répondaient, dit saint Grégoire, avec un bruit de tonnerre. Puis ses regards se portèrent vers l'autel, situé au fond de l'abside. Là, suivant l'usage antique, Basile était debout, faisant face au peuple : tout le clergé se tenait autour de lui. Sans paraître s'apercevoir de la présence de l'empereur, il continua le saint sacrifice, « le corps, les yeux, l'esprit aussi immobiles que s'il n'y eût eu rien de nouveau, droit comme une colonne et attaché pour ainsi dire à Dieu et à l'autel. » C'était, dit saint Grégoire, un spectacle angélique plutôt qu'humain. Accoutumé aux attentions complaisantes des prélats de cour, Valens n'avait rien vu de semblable . Aussi , quand le moment fut venu d'apporter à la sainte table les dons que chacun avait préparés, l'empereur se sentit troublé. Personne ne se présentait pour recevoir son offrande, parce qu'on ne savait si Basile l'accepterait : il se mita trembler tellement, que si l'un des ministres de l'autel n'avait avancé la main pour le soutenir, il serait tombé à terre*.
Basile, cependant, paraît avoir reçu le présent de Valens. Il eût pu le refuser, à l'exemple du pape Li-