ŒUVRES DES BÉNÉDICTINS
Ordre de saint Benoit.
A l'époque où T Ordre de saint Beaoit commença à se répandre 9 Rome, l'Italie, les Gaules, Flbérie, le monde civilisé , étaient bouleversés par une de ces terribles convulsions qui annoncent la fin des empires. L'empire romain, fondé par Auguste, avait péri sons Augustule; trois fois, Rome, autre* fois la maîtresse des nations , avait vu les Barbares camper dans ses temples et ses palais ; Alaric y amena ses Goths sauvages (410); Genséric la fit fouler aux pieds des Huns et des Vandales (452) ; Odoacre , roi des Hérules , mit fin à ce fantôme de
puissance et régna en Italie sous le titre de patrice et de roi (475). Sous le joug de ces nations si indomptées y les splendides campagnes de la Péninsule italique devinrent un désert , et depuis la fertile Campanie jusqu'aux bords enchantés de rArno, la solitude régna. Les villes étaient dépouillées de leurs plus beaux ornements ; les arts ^ les sciences ^ les lettres ne trouvaient plus de disciples ; l'Eglise était déchirée par la faction des Ariens, et le monde romain , courbé sous le joug de l'esclavage et de l'ignorance , était en proie à une profonde tristesse. Les Gaules, auxquelles les Romains avaient apporté les brillants trésors de leur civilisation, et qui avaient dû à des apôtres venus de l'Italie et de la Grèce les trésors plus précieux de la foi , subissaient aussi en frémissant le frein de la conquête. Les premiers ravages des Barbares avaient été horribles, a L'Océan débordé sur les Gaules eût fait moins de maux, dit un poète contemporain. La ruine de nos biens est peu de chose ; nous sommes la proie des Goths et des Vandales. Les montagnes, les rivières, les rocs n'ont pu sauver les cités. Les églises ont été brûlées , les vases sacrés livrés à la profanation ; la sainteté et l'excellence des vierges ne les a point préservées. Les solitaires qui n'avaient d'autre occu-