CHAPITRE YI
pation que de louer Dieu dans leurs grottes y n'ont pas été mieux traités que des crimiDels. C'est une tempête qui emporte les bons et les méchants. Des évéques ont été arrachés à leur troupeau avec leurs prêtres; on les a chargés de chaînes et de coups; on les a fait mourir dans le feu , on les a emmenés captifs. »
Une longue trace de désolation marquait les traces de l'invasion qui ne s'avançait que le fer et le feu à la main. L* herbe ne croit plus ou mon cheval a passif disait Attila 9 et il avait raison. Quand ces hordes barbares avaient foulé une contrée civilisée y tout disparaissait , richesses , fertilité , science ; l'Eglise seule demeurait debout sur ses mines , et travaillait à les relever. « sainte Eglise de Rome! s'écrie dans un juste transport d'admiration le grand Joseph de Maistre y tes pontifes seront bientôt universelle» ment proclamés agents suprêmes de la civilisation ^ créateurs de la monarchie et de l'unité européenne, conservateurs de la science et des arts, fondateurs , protecteurs-nés de la liberté civile , destructeurs de l'esclavage, ennemis du despotisme , infatigables soutiens de la souveraineté, bienfaiteurs du genre humain ! )> A ces pontifes, à ces pasteurs vigilants des peuples , il fallait des aides et des coopérateurs^
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il fallait des hommes soumis, qai, au premier si— > gnal , volassent vers les Barbares pour leur rompre le pain de la parole ; il fallait des pauvres de Jésus-» Christ y travailleurs infatigables pour autrui, qui apprissent aux vaincus découragés à manier la bêche et à conduire la charrue; il fallait des hommes studieux et savants , formés dans le grave silence du jsloitre , qui recueillissent les sciences antiques y et pussent élever dans des tendances plus douces les enfants des Barbares qu'on remettait à leurs soins. La Providence suscita les ordres religieux , et parmi eux , le premier, le plus solide de tous , TOrdre de saint Benoît.
L'Italie et les Gaules n'avaient pas souffert seules cet effroyable fléau de la conquête. L'Ibérie avait subi les ravages des Goths; l'Allemagne ^ où les Bomains avaient tant de colonies et de villes , avait ^té foulée par les hommes venus du Septentrion et de l'Asie. Partout , dans les plus lointaines contrées où la civilisation et le christianisme avaient pénétré, }a barbarie avait pénétré aussi ; partout , il y avait des ruines, partout une main intelligente et pieuse devait consoler et réparer.
La pVemière mission qui se fit hors de l'Italie fut jcelle dc^x^int Placide , que saint Benoit envoya eu