CHAPITRE VI
Sicile, et qai , ainsi que nous l'avons vu plus haut^ y remporta la palme du marlyre.
Saint Maur, son compagnon , fut désigné pour les Gaules, à la demande de saint Innocent, évéque du Mans , qui , au récit des merveilles opérées par saint Benoît , lui envoya deux prêtres , et lui fit demander une colonie de ses religieux. Maur, Simplice , Constantinien , Antoine et Fauste partirent pour aller faire dans le Maine l'établissement que désirait le saint évéque. Mais Innocent, leur protecteur, mourut avant qu'ils fussent arrivés à leur destination; ils se dirigèrent vers l'Anjou, et y fondèrent le monastère de Glanfeuil, source féconde d'on sont sortis les innombrables maisons de saint Benoît, dont s'honorait autrefois la France. Ils avaient bâti leur demeure sur les domaines d*un seigneur nommé Florus , qui les prit en affection ' et qui leur confia son fils Bertulf , qu'ils élevèrent etqui se fixa parmi eux. Marmoutier, le célèbre monastère fondé par saint Martin, adopta la règle de saint Benoit ; se» austères religieux s'occupaient surtout de la transcription des livres. Cette époque et les deux siècles suivants virent s'élever rapidement les abbayes de Saint-Benoît-sur-Loire , école de science et de vertu pour un grand nombre de
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jeunes enfants; celle de Cluny si renommée par sa régularité et la sainteté des abbés qui en eurent le gouvernement , d'Aurillac en Auvergne y de Saint-Pierre de Chartres /de Saint -Vincent de Laou j de Saint-Pierre de Sens , de Saint-Eure de Touly de Saint-Bénigne de Dijon , de la Chaise- Dieu , du Mont-Saint-Michel si célèbre par la dévotion et les pèlerinages de nos rois , de Jumièges en Normandie y de Saint-Denis aux sépultures royales, d'Aniane en Languedoc, de Gellone en Aquitaine, de Saint-Victor de Marseille, de Saint-Claude dans le Jura, d'Ëlnon, aux bords de TEscaut, dans le Tournaisis, de Sithiu, dans la Flandre maritime, de Saint-Riquier en Picardie* Nous ne citons que les plus illustres de ces religieuses maisons, qui devinrent des foyers de lumière pour le pays qui les possédait. Les nobles, les possesseurs de la terre , subjugués par Tascendant de la Croix, donnaient une part dé leurs vastes domaines aux fils de saint Benoît ; et ces terres, ces landes , souvent stériles entre leurs mains , fertilisées par les travaux des saints laboureurs, se couvraient d^opulentes moissons. Les moines bénédictins ont été les défricheurs de l* Europe ^ Autour
1 Gaizoi. Etudes sur la civilisation.