CHAPITRE VII. 8t
qui produit une grande impression. A droite et à , gauche du parvis apparaissent les statues colossales de saint Benoît , de sainte Scholastique sa sœur , et de sainte Abundantia , leur mère. Sous les regards de cette famille de héros , on arrive par un superbe escalier aux grandes portes de l'église ; elles sont
de bronze et ornées de bas- reliefs d'un travail remarquable. Celle du milieu fut apportée de Constantinople en 1066. Sur celle de gauche sont ins* crites en lettres d'argent les donations de terres , de "villages , de châteaux faites à Tabbaye. La troisième présente l'histoire chronologique des restaurations de l'église et du couvent. Digne sœur de Samt-Martin de Naples par ses richesses , la basilique du MoQt-Cassin brille d'une gloire exclusive par ses sculptures sur bois et par ses magnifiques livres de chœur. Il a fallu des Bénédictins pour écrire , enluminer, orner de milliers de vignettes plus poétiques et plus brillantes les unes que les antres^ ces énormes feuilles de vélin , dont le dé- Teloppement couvrirait peut-être le tiers ou le quart d'un arpent de terrain.
» Au-dessus de la crypte dans laquelle sont les tombeaux de saint Benoît, de sainte Scholastique , de saint Maur et de saint Placide , s'élève le maître-
aolel, tout resplendissant de marbres, de pierres précieuses 9 d'albâtre, de vert et de noir antiques , de lapis-lazuli et de brocatelle. Les chapelles latéraies , ainsi que les mausolées du prince de Mignano et du jeune Pierre de Médicis, sont d'une bonne architecture et d'une rare magnificence. Toutefois , ces beautés extérieures ne sauraient faire oublier à râfloe chrétienne la sainteté séculaire du lieu qu'elle visite. Chaque autel , chaque tableau , chaque soolpture lui rappelle quelque trait d'une vie héroîquedaent chrétienne. De toutes parts une nuée de saints la contemple , et la basilique tout entière semble retentir encore des voix mâles et nombreuses de ces fils de la solitude , dont les accents , partis du sommet de la montagne , élevaient jus^ qu'au del les soupirs de leurs frères errants audessous d'eux dans la vallée de larmes.
» De l'église nous passâmes dans l'intérieur du couvent , conduits par l'aimable et savant archiviste. Â rémotion religieuse , produite par la'^isite de l'église , l'intérieur du couvent vient mêler d'intéressants souvenirs. Essentiellement conservateurs, les anciens Ordres religieux sont , dans leurs habitudes, leur langage , leur costume, et même dans la disposition de leurs demeures, les témoins
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fidèles d'an inonde qui n'est pins. Chaque couvent de Bénédictins y en particulier, est une page de l'histoire ancienne, non-seulement pour le chrétien , mais encore pour le philosophe , et souvent poar l'artiste.
9 Larch^eetwre des monastères , écrivait Tabbé Fleury, est celle de la maison romaine. La vérité de cette observation est si frappante au Mont* Gassin , que le voyageur tant soit peu attentif ne saurait s'y méprendre. Le monastère du Mont-Cassin , dit on de nos guides français , véritable colonie religieuse et savante , réunissait dans son enceinte tous les arts , métiers et professions , logés à leur aise dans des bâtiments séparés. De même que chez les anciens, si la partie publique de la maison était grande , la partie privée était petite. Ainsi , dans le couvent , les portiques , le vestibule , la salie du chapitre , le réfectoire , tout 6e qui sert à la communauté est vaste et magnifique. La société seule compte , l'individu disparaît , et la cellule de l'abbaye ne tient pas plus de place que la chambre de Poœpéi. Les monastères seuls avaient perpétué ces vénérables coutumes de l'antiquité , si opposées aux nuBurs et aux usages de quelques époques modernes , oii les besoins et les jouissances de l'homme
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se sont étendus et multipliés à mesure que l'état et la société se rapetissaient.
9 La bibliothèque , belle et vaste pièce , ornée des statues des grands hommes de l'Ordre de Saint- Benott , contient vingt mille volumes. Quelle que soit la rareté de ces ouvrages y les manuscrits forment la véritable richesse de ces précieuses archives. On y compte hujt cents diplômes originaux , dont plusieurs remontent au neuvième siècle.
» Après nous avoir parié des travaux du célèbre père Frangipani sur saint Augustin y et montré les volumineux manuscrits d'ouvrages trop légèrement attribués à ce grand docteur, notre aimable guide ouvrit une armoire , en disant : q Voici qui n'est pas de révèque d'Hippone ; » et nous avions entre les mains une lettre originale du terrible Mahomet II au pape Nicolas V. Le sultan prie le pape de fttire cesser les armements des princes chrétiens oontre les Turcs* Le &ste oriental respire toat entier dans les premières lignes de celte pièce : c Roi dis rois, seigneur des seigaenis, Madiahelfa, •miiiJ> gmd snllua Bjgri , fik àa gnuad snltui Maimlk , serviteur des sqpt li«sa|ihy , doBM le salQl doal a e^ di|M i Nkolift » Tkme de JeM»-Chffnl, eracîâé psriT ks Juife. a IW croilMNi ps