‹ Saint Benoit et les ordres religieux dont il fut le fondateurChapitre 24 sur 37 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tard y il passa sous la discipline de saint Céolfrid à Jarow, où il demeura le reste de ses jours. Toute sa vie fut partagée entre Tétude, la prière et le travail des mains , dont personne n'était dispensé dans ce monastère. Il devint bienlAt fort habile dans les lettres grecques et latines, dans Tastronomie et dans toutes les sciences ecclésiastiques. Mais sa principale étude fut TEcriture sainte , et d'après les exhortations de plusieurs personnages célèbres qui connaissaient son mérite y il publia successivement des explications de l'Epitre de saint Jean et de TApocalypse y des commentaires sur les Actes des apôtres , sur les Evangiles de saint Marc et de saint Luc , sur les Epîtres de saint Paul et sur plusieurs livres de l'Ancien Testament. Il écrivit l'histoire ecclésiastique d'Angleterre , d'après les conseils de l'abbé Albin, disciple de saint Théodore de Cantorbéry, qui se chargea de lui procurer d'excellents mémoires sur les origines de cette église primatiale. Le prêtre Northelme , qui fit le voyage de Rome , se chargea de lui rapporter des copies des lettres de saint Grégoire et des autres papes qui avaient pris part aux progrès du christianisme en Angleterre. Bède écrivit aussi un martyrologe fort estimé , la vie de deux saints personnages qu'il avait intimement connus ,

108 8. gcillàuhb de OBLLONB.

saint Céolfrid et saint Benoit Biscop y un traité de I equinoxe et de l'année bissextile pour trouver le jour de la Pàque , des traités sur les sciences et les arts libéraux et plusieurs homélies. Ses ouvrages sont écrits avec un soin et une netteté extraordinaires, et Ton y rencontre des pages qui, en onction et en éloquence , ne le cèdent pas aux morceaux les plus admirés des Pères de TEglise. Cet illustre docteur mourut Tan 735, étendu sur le pavé de sa cellule, entouré de ses frères; aux prières desquels il recommandait son âme. Le Gloria Patri fut la dernière parole qui sortit de ses lèvres. L'Eglise le compte au nombre des saints , mais il est désigné ordinairement par le nom de Vénérable* Bède est une des gloires les plus pures de l'Ordre de saint Benoît : fidèle à sa vocation, il fut à la fois un modèle de piété et un phare de lumière intellectuelle : il est le Grégoire de Tours de l'Angleterre.

Saint Guillaume de Gellona.

Un des paladins de Charlemagne , un héros des légendes si longtemps populaires, consacrées à celé-

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brer les baats faits du grand empereur et de ses compagnons , Guillaume, duc d'Aquitaine, appartient aussi i l'Ordre de saint Benoit. Ce vaillant homme commandâtes troupes de Charlemagne dans leur expédition contre les Sarrasins qui incmdaient la Provence ; il les chassa d'Orange , remporta sur eux des victoires décisives , et fit fleurir la justice et la paix dans l'Aquitaine et dans son comté d'Orange. Mais la gloire et les richesses fatiguent bientôt leur triste possesseur : Guillaume , fatigué du monde , se tourna vers Dieu, et il voulut bâtir une demeure à ses fidèles serviteurs , aux fils de saint Benoit. Il éleva un monastère en un lieu nommé Gellonne , au diocèse de Lodève , et peu de temps après, pauvre volontaire , dépouillé par ses propres mains de ses dignités , il alla se présenter comme simple religieux dans la maison dont il était le fon* dateur. Le puissant leude vécut sous la règle de saint Benoit, dans l'obéissance et l'humilité; il gardait les troupeaux avec les frères et ne se distinguait d'eux que par une pénitence plus austère. Après sa mort, des miracles se firent à son tombeau. L'Eglise Ta placé au nombre des saints , et pendant longtemps, alors que les religieux Invoquaient saint Guillaume du Désert , les trouvères chantaient iei

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exploits de Guillaume au Cornet. Saint Guillaume est le fondateur de la maison d'Orange Nassau, qui, comme presque toutes les maisons princières de l'Europe , compte un saint à ses origines , et doit une partie de sa gloire à une religion qu'elle a repoussée.

Alcuin.

Charlemagne , ce prince qui mettait la science à plus haut prix que le sceptre , voulut, dans son âge mûr, regagner le temps que ses guerres et ses victoires lui avaient fait perdre : il s'appliqua à l'étude sous la direction d'un bénédictin anglais nommé Aicuîn. Diacre de l'église d'Yorck , où il enseignait les sciences ecclésiastiques, Alcuin était nourri dans l'amour des lettres , dans l'entretien de la docte antiquité , et des pères et des docteurs de l'Eglise. Charlemagne, cet homme au cœur simple et grand, admira le savoir de son maître, et l'aima d'une aifecUon fraternelle. A l'exception des temps où il commandait en personne ses armées , il avait constamment Alcuin auprès de lui , se faisant gloire de se dire son disciple , l'appelant son maitre ; il lui

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