Hist. abrégée de S. Bonav., p
-2. Acta canoniz. Cf. Wadding, Fodéré, Boule, etc. — Quelques auteurs modernes parlent également de la conservation miraculeuse du cœur; nous ne voyons pas sur quels documents s'appuie cette opinion.
lation entre les peuples et les souverains, pour solliciter la canonisation du serviteur de Dieu. On s’aper- .çut alors que la dévotion à saint Bonaventure n'était point particulière à Bagnoréa, à Lyon et aux cloîtres franciscains. Louis XI, roi de France, Frédéric Il, empereur d'Allemagne, les rois de Sicile et de Hongrie, le doge de Venise, le duc de Milan, Florence, Sienne et Pérouse, envoyaient leur supplique au Saint-Siège en même temps que Bagnoréa, Lyon et le Général de l'Ordre des Mineurs, et faisaient les plus vives instances pour obtenir une décision conforme aux espérances de la piété publique.
Par suite des troubles politiques, des guerres el de la peste, les vœux de la chrétienté n’aboutirent à leur réalisation que sous le pontificat de Sixte IV. Ce grand Pape avait lui-même été Franciscain, avant de porter la tiare, et il avait été bercé dans l’amour et l'admiration de Bonaventure, son frère en religion. Il chargea trois cardinaux, Julien de la Rovère,évèque de Sabine, Étienne Nardini, archevêque de Milan, et François Gonzague, évèque de Mantoue, de procéder à l'enquête juridique et d'examiner la vie, les vertus, les miracles et les écrits du Docteur séraphique. Enfin, le 14 avril 1482,.il promulgua solennellement, dans la basilique vaticane, le décret de canonisation siimpatiemment attendu. La bulle respire un saint enthousiasme et une admiration attendrie.
« Réjouissez-vous, Ô chœurs des anges! Réjouissez-vous, habitants de la Jérusalem céleste! Réjouistoi, Ô Sion de la terre, Ô sainte Église, puisque tu comptes là-haut un protecteur de plus!
« Bonaventure! Il a écrit de telle sorte que l’Esprit-Saint semble avoir parlé par sa bouche; il a vécu si pieusement, que, mettant toujours ses actes d’accord avec ses propres enseignements, il a poussé jusqu’à l’héroïsme la pratique des vertus religieuses; sa tombe est environnée de tant de miracles, que l'Église militante lui doit les honneurs réservés à la sainteté couronnée. »
Puis, d’un ton plus solennel : « Du consentement unanime de nos frères les cardinaux et de tous les prélats présents à Rome, appuyé sur l'autorité du Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul, nous inscrivons Bonaventure, de l’Ordre vénérable des Mineurs, au rang des saints pontifes et docteurs, et fixons sa fète au second dimanche de juillet (1), »
Enfin, et comme pour consacrer la touchante amitié de saint Bonaventure et de saint Thomas d'Aquin, le Pontife veut qu’on rende à l’un et à l’autre les mèêmes honneurs. Il accorde à la basilique des Douze Apôtres les mêmes faveurs spirituelles qu'à la Minerve, et aux Frères-Mineurs attachés à l'Université de Paris, les mêmes privilèges qu'aux Dominicains (2).
C’est ainsi qu’à deux siècles d'intervalle, Sixte IV reprenait l’œuvre de Grégoire X pour la confirmer, et qu’il posait au front du Docteur séraphique une auréole incomparable, dont l'éclat rejaillissait sur tout l'Ordre de saint Francois.
L’écho des fêtes de Saint-Pierre de Rome se réper-