‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 116 sur 121 · Prodromus, 1. IL, c, v · texte numérisé non relu

Prodromus, 1. IL, c, v

prit dé parti, que saint Bonaventure est un des princes de la théologie!

Mais tout astre à son éclipse, toute gloire à son déclin, et notre Bienheureux n'échappe point à cette loi. Déjà, au xv° siècle, Gerson le constatait avec tristesse. « À présent, disait-il, on oublie celui qui est si bien nommé le Docteur séraphique! On oublie son - [tinerarium, cet opuscule qu’une bouche mortelle ne saurait assez louer! On oublie le Breviloquium! On abandonne ces chefs-d’œuvre, à l’enseignement si relevé et si lumineux, pour des nouveautés plus séduisantes que fondées en raison ! »

Qu’eût-il dit à l’époque de l'Encyclopédie? Et quelles . larmes n’eût-il pas versées, à l'heure des catacilysmes et de la Révolution? Mais s’il avait appartenu à notre génération, il se serait consolé! On revient, en effet, à ces hautes spéculations qui ont fait ses délices, à l'étude de ces problèmes philosophiques qui ont passionné le moyen âge, à uné plus saine appréciation de ces temps de foi qui ont bâti nos cathédrales et qu'on traitait de barbares. C’est un retour aux principes de justice et d'équité vis-à-vis d’un passé glo-

rieux; c’est une réaction en faveur de la théologie Scolastique et des savants du moyen âge. Saïnt Thomas d'Aquin en bénéficié le premier. Son culte refleurit; ses ouvrages sont en honneur; sa doctrine enthousiasme une jeunesse avide de connaître et verse la lumière dans les esprits. C’est une renaissance qui nous présage des temps meilleurs; car il est écrit : « Veritas liberabit vos : La vérité vous délivrera: » PRE |

DATES ee SAINT BONAVENTURE

Espérons que le tour de saint Bonaventure viendra et qu'on ne séparera pas dans les études ceux qui ont été inséparables dans leur vie et leur sainte amitié. Déjà (est-ce un prélude?), le nom du « prince de la mystique (1) » est dans toutes les bouches, et son culie s’est rajeuni. C'est un renouveau de gloire auquel ont largement contribué les solennités du sixième centenaire de sa mort.

En 1874, Pie IX invitait les fidèles par un bref spécial (2) à remémorer dignement cet anniversaire et répandait à pleines mains, à cette occasion, les trésors spirituels de l’Église. Sa parole a trouvé un écho sonore dans toutes les villes où s'élèvent des maisons franciscaines. L'Italie s’est plu à rappeler les mérites d’un de ses enfants les plus illustres, et le triduum célébré successivement à l’Ara-Cœli et dans la basi-

lique des Douze-Apôires a revêtu une magnificence.

extraordinaire.

La France, elle aussi, s est souvenue qe le Docteur séraphique lui appartenait par l'instruction reçue à l’Université de Paris et par les services rendus, par sa vie et par sa mort, par les œuvres de son génie et par ses bienfaits posthumes, et elle a longuement acclamé son nom pendant les fêtes du centenaire.

La ville de-Lyon s’est distinguée, entre toutes, dans les manifestations de sa piété; et c'était justice, elle qui a si vaillamment et si fidèlement veillé, jusqu'aux jours néfastes de la Révolution, sur les cendres de saint Bonaventure, et qui entend demeurer toujours :

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