Voir la Scolastique, par le R. P. Prosper de Martigné
la grâce, que l’Esprit-Saint semble avoir parlé par sa bouche (1). »
« À un savoir immense, ajoute Sixte-Quint, Bonaventure joint les ardeurs de la plus vive piété. En même temps qu’il éclaire l'intelligence, il échauffe le - cœur, l’émeut, le transperce des flèches de l'amour et le remplit d’une merveilleuse douceur (2). »
Gerson va plus loin encore dans ses éloges. « Je ne sais, écrit-il, si l’Université de Paris a jamais produit un docteur comparable à saint Bonaventure. Si l’on me demande à quel maître il faut donner la préférence, je répondrai : à Bonaventure, parce qu’il n’y. a pas, à mon avis, de doctrine plus sublime, plus divine, plus salutaire et plus suave. Je me suis adonné, sur mes vieux jours, à une étude plus approfondie de ses ouvrages ; et plus je m'y suis appliqué, plus j'ai éprouvé de confusion, en ce qui me concerne, d’avoir tant écrit. A quoi bon dicter tant de volumes, me suis-je diten moi-même ? À quoi bon me consumer en veilles inutiles ? La doctrine de Bonaventure suffit; ses ouvrages répondent à tous les besoins : contentons-nous de les répandre (3). »
Saint Antonin, archevêque de Florence, le dominicain Sixte de Sienne, le bénédictin Trithème, le carme Honoré de Sainte-Marie et saint François de Sales font écho à la voix de Gerson. L’appréciation des trois derniers a une forme plus caractéristique et mérite d’être citée à part.