‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 56 sur 121 · Glasshberger, loc. cit · texte numérisé non relu

Glasshberger, loc. cit

des moines, l'office de la Passion, était en même temps un législateur hors pair et, ce qui sera son éternel honneur aux yeux de la postérité, le modèle du roi justicier. « Rendez si parfaite justice à votre peuple, que Dieu ne vous enlève point votre couronne (1) », lui répétaient saint Bonaventure et Hugues de Digne; et ce potentat de la terre, loin de se choquer de la hardiesse d’un pareil langage, s’appliquait à mettre le conseil en pratique. « Jamais homme ne parut plus sage en ses jugements. Il faisait bonne et raide justice; jamais en secret, toujours en public,toujours en bonne et due forme (2).» « Justice doit être rendue, non vendue », disait-il luimême souvent. Le chêne de Vincennes a rendu son nom à jamais populaire. En même temps qu'il agrandissait le domaine de la couronne, il abolissait le duel judiciaire, interdisait les guerres privées entre seigneurs, source de tant de calamités, et réprimait sévérement l’agiotage et l’usure judaïques. « Les Juifs ont l’agriculture, le négoce, le travail manuel, disait-il, qu’ils s’y appliquent, et qu’ils cessent de ruiner les familles par leurs prêts usuraires (3). » On peut dire que, par ses conseils, Bonaventure n’était étranger à aucune des réformes favorables au progrès social.

En 1268, saint Louis reprit la croix contre les Mahométans; et, là encore, notre Bienheureux fut son auxiliaire dévoué. Au Chapitre général d'As-

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