‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 57 sur 121 · Longueval, Hist. de l'Eglise gallicane, t. XV, p · texte numérisé non relu

Longueval, Hist. de l'Eglise gallicane, t. XV, p

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sise (1269), il prècha la croisade, prescrivit certaines prières à cet effet, et assigna pour aumôniers à . l'armée chrétienne plusieurs prêtres et prélats de : l'institut, entre autres Eudes Rigaud, archevêque de Rouen. Le 25 août 1270, la plage de Tunis recevait le. dernier soupir de Louis IX. Bonaventure ordonna dans tous les couvents de l'Ordre un service funèbre pour le repos de son âme, et pleura plus amèrement que personne son royal ami, le dernier des croisés, le plus brave des chevaliers, et le plus grand des rois, parce qu'il en fut le plus chrétien.

Isabelle de France, sœur de saint Louis, avait également recours aux lumières de l’humble cordelier. Ayant refusé la main de Conrad, fils et héritier présomptif de Frédéric If, pour se vouer exclusivement aux exercices de la piété, elle fonda le monastère de Longchamps et pria notre Bienheureux d'adapter les constitutions des Clarisses aux difficultés du temps. Bonaventure apporta, en effet, quelques mitigations à la Règle : modifications approuvées par Alexandre IV en 1258, puis par Urbain IV. De là le nom d'Urbanistes donné aux filles de sainte Claire qui adoptèrent les constitutions de Longchamps (1). Outre la bienheureuse Isabelle, cette branche des Pauvres-Dames a donné à l'Ordre séraphique toute . une phalange d’âmes éminentes en sainteté, entre autres les vénérables Cunégonde, Yolande, Mathia Nazaréi, Marguerite Colonna et Paule de Mantoue.

Enfin, nous voyons Blanche de France, fille de

4. La bienheureuse Isabelle mourut au monastère de Longchamps, le 23 février 1270. Léon X approuva son culte en 1521.

saint Louis et épouse de l'infant d'Espagne (1), réclamer également la direction de l’humble Francis- Gain. Aussitôt il lui adresse, sous ce titre : Du gouvernement de l’äme, une chaleureuse exhortation qui peut être profitable à d’autres qu'aux princesses de sang royal.

En voici l'analyse.

« Ame pieuse, mettez au premier rang de vos devoirs l’adoration et l’amour de Dieu.

« Pensez à ses grandeurs. Il à tout créé par un acte de sa puissance, il gouverne tout par sa sagesse, il jugera tout avec une justice parfaite. — Pensez à ses infinies miséricordes, qui éclatent dans ses anéantissements et ses dons : la Crèche, le Calvaire, l'envoi de l'Esprit consolateur, l'institution des sacrements et surtout l’'Eucharistie. Et vous ne pourrez vous empêcher de redire avee le Roi-Prophète : Le Seigneur est bon envers tous, et sa miséricorde s'étend à toutes les œuvres de ses mains. — Pensez aussi à sa sainteté. Il est le Dieu trois fois saint; il ne couronne que la sainteté; il haït le mal d'une haine implacable, et ne saurait le laisser impuni. Croyez, adorez, remerciez.

« Du Créateur passez à sa loi et à ses commandements. Observez-les avec une scrupuleuse fidélité, et faites là-dessus, chaque soir, votre examen de conscience. Si la journée a été tout employée à l’accomplissement de vos devoirs, ne vous en enorgueillissez pas; car c’est l'effet de l'assistance divine. Si votre

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