‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 63 sur 121 · Directorium inquisitorum, Rome · texte numérisé non relu

Directorium inquisitorum, Rome

gant, poursuivit avec ardeur l’enquête ordonnée par Alexandre IV, et finit par découvrir le coupable au fond d’un couvent franciscain d'Italie. Le nom de ce malheureux a longtemps exercé la critique des historiens. Heureusement, la chronique de Salimbéné nous le tenait en réserve et nous facilitait ainsi la justification des personnages injustement soupconnés. « J'ai connu l’auteur, Gérard de Borgo-San-Donnino, dit-il, et plus d’une fois j'ai eu de graves discussions avec lui (1). » Gérard fut mandé à Paris, comparut devant le Général, avoua sa faute, mais sans rétracter ses erreurs, et fut condamné à une prison perpétuelle.

Notre Bienheureux s’occupa ensuite de ces partisans du système ternaire, de ces esprits inquiets qui, sans tomber dans les erreurs de Gérard, étaient plus ou moins imbus des idées joachimites. C’étaient des réveurs et non des seclaires; mais la pente étail dangereuse. Ils se recrutaient un peu partout, et comptaient quelques partisans parmi les Franciscains, entre autres le vénérable Jean de Parme, le prédécesseur de saint Bonaventure. Cet homme éminent en doctrine, avait successivement brillé à l’Université de Paris comme professeur, au premier concile œcuménique de Lyon comme théologien, et à la cour de Byzance comme légat pontifical, et avait su se concilier l’estime générale. Mais il s'était laissé séduire par le côté mystique des écrits de Joachim de

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