Salimbéné, p. 223-239. — Pamphile de Magliano, t. I
p. 605. — Que d’auteurs se sont égarés sur cette question! La Chronique de Parme les ramène dans le droit chemin.
Flore, et il ne dissimulait nullement ses vives sympathies pour le moine calabrais (1). Ce fut la cause de ses tourments. Il fut dénoncé pour ce fait à l’Inquisition romaine, et l’on vit ce noble vieillard obligé de rendre compte de ses croyances devant une commission cardinalice, réunie au couvent de Castel della Piévé, en Toscane, et présidée par le cardinal Jean- Gaétan Orsini (plus tard Nicolas IIT). Au xv° siècle, un autre Franciscain plus célèbre encore, saint Bernardin de Sienne, sera de même, à l’occasion de la dévotion au saint Nom de Jésus, traduit devant le tribunal de l’Inquisition. Mesures sévères sans doute, comme tout ce qui releve de la justice, mais quelquefois nécessaires et toujours profitables à l’orthodoxie. des croyances!
L’inculpé n’eut pas de peine à se défendre. Il manifesta hautement son horreur pour l'Évangile éternel, qu'il avait toujours réprouvé. Les écrits de l’abbé Joa- - chim, qui circulaient, sans avoir jamais été frappés de censure, avaient sans doute provoqué son admiration ; mais il rétractait toutes les erreurs propagées sous le couvert d’un moine vénéré, tous les abus auxquels il avait pu lui-même se laisser entrainer (2).
4. Maximus erat Joachita. (Salimbéné, p. 124.) — On l’a même accusé depuis d’être l’auteur de l’Evangile éternel, mais Salimbéné, Aïfo et Pamphile de Magliano l'ont lavé de cette injure, — Renan, dans son étude sur Joachim de Flore (Revue des Deux-Mondes, 1° juillet 1866), a confondu à plaisir les commentaires de l’abbé Joachim et l'Evangile éternel, les Joachimites et les Spirituels. Consulter sur ce point l'Etude d'histoire religieuse aux XIL° et XIII siècles, par Xavier Rousselot, Paris, 1867; et l’Auréole séraphique, t. I, p. 684.