Speculum perfectionis, ©. LxvHI
2. In dibr. Sent., 1. IV, dist. %5, art. II, q. 4; — Ztinerarium : — De reductione artium.
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théologiques, s'occupe spécialement du collège des Cordeliers de Paris, et y établit, pendant le Chapitre général de 1266, l'usage des thèses publiques : usage adopté dans la suite par les autres collèges universitaires et bien propre, dit Crevier, à exciter l’émulation soit des étudiants, soit des professeurs (1).
Enfin sachant quel est l'attrait des grands souvenirs et la puissance des grands exemples, surtout
quand les uns et les autres enveloppent comme
d'une auréole le berceau de notre famille spirituelle, il s'attache à glorifier, en présence de ses Frères, les apôtres. les vierges, les martyrs, qui sont à la fois leurs ancêtres et leurs modèles. II n’a que le choix;
car jamais Ordre religieux, à l'aurore de son exis-
tence, n'a vu pareille floraison d’âmes d'élite. En Afrique, ce sont les martyrs Bérard, Daniel et leurs compagnons, massacrés par les Maures ; en Espagne, Jean de Pérouse et Pierre de Sasso-Ferrato; en France, Etienne de Narbonne et Raymond de Carbone, égorgés en haine de la foi par les Albigeoïis; en Italie, Bienvenu de Gubbio, Roger de Todi, Gui de Cortone; et, dans le Tiers-Ordre, le bienheureux Luchesio, sainte Elisabeth de Hongrie, l’aimable Rose de Viterbe, « la terreur de Frédéric II », et cent autres noms inscrits au livre d’or des élus. Mais parmi tant d’astres de sainteté, il y en a trois qui brillent d’un
A. Crevier, Hist. de l'Université de Paris, t: I, 1. II, p. 46 — Les étudiants étaient si nombreux au collège des Cordeliers de Paris, que saint Bonaventure les divisa par nationalités, — Romains, Lombards, Allemands, Espagnols, — avec un régent distinct pour chacune d’elles.
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éclat plus vif : saint François d'Assise, l’initiateur monastique, le séraphin de lAlverne, le fondateur de trois milices spirituelles auxquelles il a promis l’immortalité, Franciscains, Clarisses et Tiers-Ordre ; — saint Antoine de Padoue, apôtre et thaumaturge qui n’a peut-être pas son égal dans l'hagiographie; — et sainte Claire d'Assise, la compatriote du réformateur ombrien, sa digne coadjutrice et son émule en sainteté : trois figures rayonnantes de lumière et d’amour, que Bonaventure propose de préférence à la vénération de ses Frères.
C'est au Patriarché d'Assise que vont tout d’abord ses hommages. On venait d'agrandir la chapelle construite par saint François lui-même, en 1215, sur les hauteurs de l’Alverne. Il s'agissait de la Consécration solennelle de cet édifice. Il s'agissait aussi de séparer des choses profanes ces grottes où le législateur des Pauvres volontaires avait prié, ce Thabor où il avait été abreuvé des délices de la contemplation, ce Calvaire où Ie séraphin aux six aïles de feu avait imprimé sur sa chair virginale les stigmates de la Passion. Ne convenait-il pas de vénérer ces lieux, témoins de tant de merveilles, et de célébrer les grands souvenirs qu'ils évoquaient? Saint Bonaverñture avait répris, à cette occasion, le chemin de l’Italie. Le 20 août 1260, il gravissait les pentes de l’Apennin, entouré de milliers de Frères-Mineurs et de pèlerins de tout pays; et les sept évêques d'Arezzo, de Florence, de Fiésole, de Pérouse, d'Assise, d'Urbino et de Citta di Castello, accourus à la prière et sur l'initiative du pieux Général, consacraient, avec
toutes les pompes de la liturgie, la chapelle de Notre- Dame des Anges (1). | On ne peut douter que l’orateur dans la circonstance n’ait été celui qui avait préparé la fête, Bona- -venture, « la voix la plus charmeresse, le prédicateur le plus éloquent dé cette époque (2) », au témoignage de ses contemporains. Tout était de nature à l'inspirer, la solitude de la forêt, la présence des évêques, le recueillement de la foule, et par-dessus tout les grands souvenirs qu'évoquaient ces lieux. Comment ne pas être éloquent, lui qui l'était toujours, lorsqu'il avait à remémorer, ou plulôt à chanter l'événement le plus extraordinaire de l’ère chrétienne : l'apparition du séraphin sur l’Alverne et la stismatisation de saint François ?
Les cérémonies liturgiques terminées, le cortège se déroula en longs anneaux, au chant des hymnes et des cantiques, sur le versant oriental du massif, et les prélats, faisant processionnellement le tour de la roche miraculeuse, la bénirent sous le nom de « montagne séraphique ».
De l’Alverne, Bonaventure descendit à Assise, berceau de saint Francois et de sainte Claire; et le 3 octobre de la même année, il assistait à la translation de la dépouille mortelle de la vierge séraphique, de la chapelle Saint-Damien au gracieux sanctuaire