‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 74 sur 121 · Philosophie scolastique, t. II, p · texte numérisé non relu

Philosophie scolastique, t. II, p

3. Itinéraire, texte et traduction, par le R, P. Charles : Vanves, 1897.

Te L'ITINÉRAIRE DE L'AME À DIEU 19

pour en reconstruire plus solidement l'édifice. Le Docteur séraphique n’a point de ces utopies dangereuses ni de ces abstractions propres à égarer les meilleurs esprits. Il se tient dans la réalité des choses, et invite l’homme tel qu'il est, esprit et ma-

tière, intelligence et volonté, à gravir avec lui les”

sentiers montueux de la sagesse.

« Toute science, a-t-il dit ailleurs, se réduit à deux livres : — l’un écrit au-dedans, et c'est un reflet de la sagesse éternelle, antérieure à tous les êtres, dont elle est l'archétype; — l’autre écrit au-dehors, et c'est le monde sensible, où se retracent les pensées de Dieu, mais en caractères imparfaits et périssables. L’ange lit dans le premier, la bête dans le second.

Pour la perfection de l’univers, il fallait une créature

qui fût capable de lire dans les deux livres et d’interpréter l’un par l’autre. C'est précisément la destinée de l’homme, et la philosophie n’a pas d'autre but que de le conduire à Dieu par tous les degrés de la création (1). »

Dans l’/finéraire, il reprend cette thèse si belle et si profonde, la développe, la complète et monire comment, par six ascensions ou illuminations progressives, l'âme peut s'élever jusqu'à l'Étre par excellence et s’unir à Lui. Ces six illuminations forment autant de chapitres. Les deux premiers sont consacrés à la considération du monde sensible; les deux suivants, à l’étude de l’âme ; les derniers, à la contemplation de l'Étre absolu, qui est Dieu.

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