Breviloquium, p. IT, ç. x
Dans un septième chapitre, qui sert de conclusion à l'ouvrage entier, il traite de l’extase et des opéra
tions mystiques, où Dieu agit lui-même directement
et où le rôle de la créature ést purement passif. « Nous avons contemplé Dieu, nous dit-il, hors de nous, dans ces vestiges; au-dedans de nous, dans son image ; au-dessus de nous dans les clartés supérieures
de la révélation. Si l’âme veut monter plus haut, il
faut qu’elle oublie tout et qu’elle s’oublie elle-même, comme saint François sur l’Alverne; et alors sous le feu de l’action divine elle se transfigure, se fond d'amour et s'écoule en Dieu. Si vous me demandez le comment de cette transfiguration, je vous répondrai : Interrogez la grâce, et non la science; les gémissements de la prière, et non les livres des philosophes; Dieu, et non l’homme; non la lumière qui brille, mais le feu qui embrase; et le feu, c’est Dieu (1) » : Dieu se manifestant directement à l'âme et lui donnant ainsi un avant-goût de la vision béatifique. Au delà, c’est le ciel, terme du voyaye et récompense des mérites acquis. |
Voilà, du moins dans ses grandes lignes, l'Odyssée allégorique qui faisait les délices de Gerson et qui restera toujours pleine d’attraits pour les esprits méditatifs. « Appuyé d’une main sur l'Évangile de saint Jean, de l’autre sur le Timée », saint Bonaventure y expose le principe « d’une métaphysique admirable, toute brülante de mysticisme (2) ». Il réclame tout d'abord, pour aller à Dieu, deux conditions princi-