Expos. in Luc., c. xvr, éd. Quaracchi, t, VII, p
2, Nous choisissons nos exemples dans les opuscules du Saint, en attendant que les Pères de Quaracchi aient publié le volume des Sermons.
ment il traite l’importante question du mal, si dénaturée par les Albigeoïis.
« Qu'est-ce que le mal? Le mal est la Te du bien, et non une entité ou une divinité, comme se l’imaginent les Manichéens. Expliquons-nous. Dieu est à lui-même son principe, sa loi, sa fin. L'homme, créé par Dieu à son image et à sa ressemblance, ne demeure fidèle à sa destinée qu’à la condition d’imiter son Créateur, en le choisissant pour le principe, l'exemplaire et la fin de toutes ses actions. Et il dévie de sa vocation, lorsqu'il se complait en lui-même, au lieu de tout rapporter à Dieu. Voilà ce qu'est le mal: la privation du bien, un défaut de rectitude, un abus de la liberté. — Pourquoi Dieu le permet-il? Pour deux motifs, pour sa gloire et dans notre intérêt : — pour sa gloire, afin de faire éclater ses perfections infinies, sa sagesse dans le rétablissement de l’ordre troublé par le péché, sa justice dans la répression de la révolte, sa miséricorde dans le pardon, sa bonté et sa munificence dans la récompense du bien. Il permet aussi le mal dans notre intérêt, parce que l'épreuve, la souffrance, le combat nous fournissent l’occasion d'acquérir une plus riche couronne de mérites, un diadème plus étincelant, C’est ce que nous prouve l’exemple des martyrs. — Mais pourquoi l'éternilé des supplices? L’éternité est la juste sanction du mal et d’une rupture totale et définitive avec Dieu. L’outrage fait à la majesté du Créateur, revêtant une malice infinie, exige une peine proportionnelle à la grandeur de la faute. Cette peine ne peut être infinie dans son intensité; ilest donc juste qu'elle soit infinie dans
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sa durée. Du reste, c'est le réprouvé lui-même qui se bannit volontairement du royaume des cieux. Traitre à sa vocation, fixé dans le mal, ennemi de la Beauté suprême, il persévère à jamais dans son intention : criminelle de préférer à Dieu les idoles de son cœur : désordre éternel qui réclame un châtiment également éternel (1). »
Sur l’Eucharistie, sujet qui semble avoir ses préférences, l’orateur a de sublimes envolées. « Le Verbe incarné, dit-il, est là, réellement présent sur nos autels. Comment ne pas admettre un dogme si clairement énoncé par le Sauveur, attesté par tant de miracles, et si chaudement soutenu, de siècle en siècle, par les Pères et les Docteurs de l’Église? Le Fils de Dieu est voilé, caché, il est vrai, sous les espèces eucharistiques ; mais quel mérite aurions-nous eu, quel acte de foi aurions-nous pu émettre, s’ils’était montré à nous dans l'éclat de sa gloire et avec les irrésistibles attraits de sa beauté? Crois donc à sa parole, crois à son amour, Ô chrétien; car c’est pour toi, pour répondre. aux besoins de ton âme, qu'il perpétue les anéantissements de son Incarnation.
« L’ange et l’homme ont la même fin, qui est de contempler Dieu dans son essence. Mais ils n’ontrien que par participation et communication. A l’un comme à l’autre, la vie vient d’en haut, quoique d’une manière différente. L’ange, pur esprit, boit à pleine coupe à la source de l’Étre et se nourrit de la substance même du Verbe incréé. À l’homme, esprit et