‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 93 sur 121 · Le Paradis, chant XII · texte numérisé non relu

Le Paradis, chant XII

apparaît la piété de saint Bonaventure. Chez lui tout part de l’amour pour revenir à l’amour. C’est la charité divine qui l’a attiré vers l'Ordre de Saint-Francois ; c’est elle qui l’y retient. Point de ces défaillances qui attristent, ni de ces violences qui détonnent, ni de ces écarts qui appellent les larmes brûlantes et les longs repentirs. Dans le siècle ou sous la bure, il reste toujours identique à lui-même, humble et pur, généreux et fervent, d’une ferveur qui va croissant avec l’âge. Il semble qu'il se tienne constamment près du trône de l'Éternel. Son cœur lui offre jour et nuit l’encens de ses adorations; sa vie lui chante un cantique perpétuel, et nous pouvons lui appliquer en toute vérité ce qu'il a dit lui-même du Patriarche d'Assise. « Il était tout pénétré de Dieu et pour ainsi dire tout transformé en Dieu, comme le charbon qui, jeté dans un brasier, prend l'éclat et la chaleur du feu. 11 lui immolait son corps par les rigueurs de la pénitence, et son âme par l’ardeur de ses désirs (1). »

Le saint Général ne cessait de rappeler à ses Frères que la charité divine est la plénitude de la perfection, le principe de la récompense et la mesure de la béatitude. Quoi de plus instructif et de plus gracieux, sous ce rapport, que sa réponse au Fr. Gilles, le troisième compagnon de saint François et le grand extatique de Pérouse? « Mon Père, lui dit l’humble vieillard, Dieu vous a comblé des dons de sa grâce; mais nous, simples et ignorants que nous sommes, que ferons-nous pour sauver nos âmes? — Mon

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