Bonav., Lég. de saint François, c. 1x
Frère, répartit Bonaventure, quand Dieu ne vous aurait donné que son amour, cela suffirait à votre salut. — Mais, mon Père, continua le Fr. Gilles avec une naïveté charmante, un ignorant peut-il aimer Dieu autant qu'un savant? — Assurément, répliqua Bonaventure : une pauvre vieille femme peut aimer Dieu autant et plus qu’un docteur en théologie. » Aussitôt Fr. Gilles, ne pouvant contenir les élans de son admiration, court au jardin et, la face tournée vers la ville, se met à crier de toutes ses forces : « Femmes pauvres, simples et ignorantes, aimez le Seigneur votre Dieu, et vous pourrez devenir plus grandes que Frère Bonaventure (1). »
Ainsi l’amour divin, un amour prompt aux effusions brülantes, voilà Le trait distinctif de saint Bonaventure, ce qui le range dans la famille des séraphins. Cet amour reluit dans ses veux, éclate dans tous ses écrits, s’exhale de tout son être. Sans relâche, d’un bout à l’autre de son existence, le vaillant disciple de saint Francois unit sa voix à celle de ses frères du ciel; et comme eux il aime, il adore, il chante. C’est le cachet de sa sainteté, en même temps que la preuve de son mérite; car il n’y a point de victoire sans lutte, ni de sainteté qui ne soit basée sur l'effort et le sacrifice.
Mais où a-t-il puisé les ardeurs séraphiques qui le consument? C'est lui-même qui, dans ses ouvrages, va nous fournir la réponse et le moyen de l’imiter.
Philosophe, il a posé à tous les êtres de la création