‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 119 sur 143 · Baluz,, Miscellanea, t. IV, 476.- 'Lucse^ I · texte numérisé non relu

Baluz,, Miscellanea, t. IV, 476.- 'Lucse^ I

rencontrerons non seulement un maître qui enseigne des théories, qui expose une doctrine, nous y sentirons une âme vivante, un saint pénétré de la vérité, en vivant et s'en nourrissant. Que de pensées on cueillerait dans l'admirable ouvrage de l'Itinéraire de Vâme à Dieu, combien utile la lecture de l'Incendie d'Amour, combien suave et délicieux le Soliloque, combien profitable la méditation du Lignum çitee! Le temps ne permettant pas de tout lire, parcourons le savant traité des dons du Saint-Esprit, où notre saint se révèle en toute sa perfection séraphique. Ce n'est pas que la méthode lui soit propre et unique, non; car la sanctification ne s'opère jamais sans l'appui des dons de l'Esprit-Saint. En enseignant à d'autres la voie par laquelle Dieu mène les âmes, il indique celle qu'il a suivie.

Saint Bonaventure pose d'abord comme principes que par ses dons « le Saint-Esprit se prépare en la demeure de l'âme une joyeuse habitation, et s'y constitue un saint mode d'action, ei in sanctuni manerium prœ^ parât; secondement il dispose et rend toute la famille de l'âme apte à servir Dieu et à obéir facilement, puis dresse et instruit toutes les facultés intérieures, les prémunissant contre la tentation, et les défauts naturels et autres, qui parfois se manifestent, empêchant ainsi l'âme de s'engourdir dans l'oisive tranquillité et possession des dons* ».

A son âme dévote ne suffisait pas la dévotion commune, il la faisait suivre de la dévotion spéciale, c'està-dire de la récitation de fréquentes oraisons vocales qui lui étaient familières, qu'il empruntait à la sainte liturgie, ou qu'il composait pour le besoin de son cœur. Son colloque avec Dieu était sans interruption ; en sa continuelle méditation il aimait à se rappeler

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