‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 120 sur 143 · I. Dt Fil don. ^ p. I, c. IV · texte numérisé non relu

I. Dt Fil don. ^ p. I, c. IV

la fragilité de l'humaine nature, ayant sans 'cesse devant les yeux le souvenir de ses propres misères, la pensée des fins dernières, des bienfaits de Dieu, et surtout de l'Incarnation, de la Rédemption, et des promesses de la gloire infinie. D'incessantes effusions d'amour surgissaient de son cœur, sous forme d'aspirations, de soupirs et de désirs affectueux. Le jour, la nuit, sa dévotion ne connaissait pas de relâche. Souvent il avait médité cette parole de saint Bernard: « Considère comme perdu le temps que tu ne penses pas à Dieu. »

Voilà pourquoi, disail-il, l'homme doit s'efforcer en tout temps comme en tout lieu deteujdre vers Dieu; car, ajoutait-il, de même que les anges en quelque endroit qu'ils soient envoyés, ne s'éloignent jamais de la contemplation divine, ainsi' l'homme vertueux, autant que possible, ne doit-il en aucun temps éloigner de son cœur la pensée de Dieu. « Que si par une méditation profonde tu né peux fixer en lui ta pensée, du moins par le souvenir dirige vers lui le regard de ton cœur. Un religieux surtout doit ainsi se comporter comme si l'instant après il devait comparaître au tribunal du Souverain Juge. » S'inspirant de l'exemple du prudent nautonier qui prévoyant la tempête, se réfugie en toute hâte, ainsi Bonaventure cherchait-il asile dans le port tranquille de l'ofaison, se fiant plus au secours de la prière .qu'à ses propres lumières, et aux ingénieuses combinaisons de son esprit^.

Le don de piété en saint Bonaventure n'exerce pas une influence ^ seulement générale; elle s'étend à tous les actes de sa dévotion. Les effets se font sentir en chacune des manisfestations de la piété, et tout particulièrement envers la très sainte Eucharistie, le Sacré-Cœur, la bienheureuse Vierge Marie et les saints.

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