‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 122 sur 143 · X. Suarez, Oper.,'P. III^ t. II, disp. îIII, :sfiot. av · texte numérisé non relu

X. Suarez, Oper.,'P. III^ t. II, disp. îIII, :sfiot. av

la vérité de la foi, nous ne sommes pas obligés de nier. Si dès lors quelqu'un célèbre celte fête par sincère dévotion, et nullement par ostentation, sans croire contrevenir à ce qu'on peut déduire de la Sainte Ecriture, que la Vierge bénie accueille sa piété; et si en cela il y a quelque chose de répréhensible, j'espère qu'auprès du juste Juge le dévot serviteur de Marie trouvera une digne excuse. Qu'on n'objecte pas ici l'autorité de saint Bernard... A quelque heure et en quelque jour que ce soit qu'un fidèle honore la Vierge de tout son cœur et de toute son âme, qu'on ne l'inquiète pas opiniâtrement de peur d'encourir l'animadversion de Marie elle-même, aimable auxilialrice de tous les fidèles qui la louent^.»

Dans l'un ou l'autre de ses passages à Lyon, notre saint eut peut-être l'occasion de s'unir aux fidèles pour célébrer avec eux cette prérogative de Marie. Dès l'an 1 1 28 ce culte de l'Immaculée Conception trouva place dans la dévotion des Lyonnais, et en ii4o, pendant le gouvernement de Falques, le chapitre de l'église cathédrale l'agréa et accepta officiellement-.

Lorsque l'Ordre était plus violemment attaqué, le saint ministre général prenant sa défense le mit sous la tutelle plus spéciale de Marie en cette façon : « très digne reine du monde, force des pauvres, avocate des humbles, plus sublimement élevée parmi ton peuple qu'Esther, par une pieuse faveur de ta miséricorde, ô Reine, daigne arracher à l'incursion hostile de leurs ennemis, tes Frères Mineurs;. ils sont vraiment et particulièrement tiens 3. »

Les dons de Dieu produisent en l'âme leurs effets dans

la mesure et la proportion où cette âme en sait faire ùa

I. S, Bonavent., Oper. III, «, Sent., dist. I, P. I, a, I. q. i., 3, André Steyer, Hist. de Lyon, t. II, 324. — Poulin de Lumina; ' Hist. deV Eglise de Lyon, I. III, ch. v, 209. 3, Jpolog. Pauper., Resp. IV, c. 11.

utile emploi, et ne s'oppose pas à l'action bienfaitrice du divin Paraclet. Le moyen, l'unique, de maintenir en soi la piété pt le recueillement intérieur, est le fréquent recours à la méditatian. Aussi saint François ne cessait-il d'exhorter ses Frères à ne pas laisser s'éteindre en eux l'esprit du Seigneur et de la sainte oraison. Bônaventure avoue en avoir fait l'expérience. En son prologue de V Incendie d'Amour il affirme que lorsque la fatigue corporelle l'abattait ou que le travail déprimait ses forces, il sentait le relâchement l'envahir, et ne pouvoir plusrecouvrer d'ardeur spirituelle intérieure, jusqu'à ce que mettant de côté tout souci il ^'appliquât à contempler le Sauveur. Pour fuir les alléchantes sollicitations de la terre, afin de détester plus profondément la vaine ostentation de la science, et haïr plus cordialement la folle gloire, il se réfugiait dans la prière et l'oraison, où son âme se délectait sans interruption dans l'amour de Dieu.. Mais « l'art d'aimer ne consiste pas dans la dispute, il est tout entier dans l'action ».

La piété est par-dessus tout le culte de Dieu ; et quand ce tribut divin est payé, la piété se tourne vers le prochain; « car la piété est un port où trouvent asile les indigents, c'est un refuge pour les malheureux, une source de clémence pour les pécheurs. La piété apourfin la foi pure et la saine vérité. Le second acte de la piété est la miséricorde, aussi s'étend-elle aux besoins spirituels et corporels. » Le docteur saint Bônaventure eut cette véritable piété, et plus particulièrement la miséricorde spirituelle. Volontiers il pardonnait les défaillances, avec charité et bonté il corrigeait les délinquants, il donnait et prodiguait les conseils à quiconque en avait besoin, consolait les affligés, priait pour le prochain, et supportait avec patience les injures.

La bonté chez lui n'était pas une inclination , purement naturelle, toujours bien disposée envers les proches et

W8 SAINT «SONlWENaUJRE^

iles jamis, (mais iie|uiitEop::sou>v.ônt)lérme 8es entraiHesi a»x

^nn&misrCQmme aug&imconniQSiet aux étKaoïgjei's ;fla;si£nnte

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jr-epirodiiiDe sans tïjfifise sdes jo^casioas À ifaïKe jagir «afcba-

:rité., (dit -le jPèpe ^Bôule ;s'{appuyaHt sisur .4e témoigi»age

icte'iËfalfisinus. «'Qflieûîtidit qu'il s'était iocmsacré; spé.(àa-

lementàïCfitt^'iviertn, taMi^Heflmétaitichène^t/familièpe.

)Le serviee ides malades 'était Ile plus cdQBx^ob|et. denses

îSôins; ril ivakit à eux, jet «ans té.coirter:rii délixjatessejui

irépugnanee niatUineLles, àl ïleur.irendaît iles r^senvioes .les

plusicapables de rebnteoc, Fiuadiguei laèmesde.aa îprQpc^

saaaté, .les iplusiînfe cités iétaient scfiux iauxqittels il is'attîa-

.chàit^avec rplus d'ardeur ïet de 'eomplsâsance,. Mais is.on

zèle lui ^asUKait -paru Anajparfail, ret il .aurait «cru rue àm

servir. qu'àideiDaâ s'il n'eût; joint anxsseeourSid'vune smaiii

iadbiyeet soigneuse^: l'huile delà consolation. lii leurrins-

i^iinaât une (palÂen'ce géaéreusfi:; ilrleur -montriait idàns les

>Daaiix qu'ils senduraienît les ocoups d'un i^ère ttendre .qui

n'afflige^«n sicette vie que ipckurî éparg^neir «dans Jlîautre ; iil

lesrrésignaît à la volonté deiDieu, let ikdeffiaa/adait jpour

^etux aux/piedsidurcrueifix le mérite àe la:pea3sé,vérian.ûe K. »

!Eneo.rfiunfixempledeBà!bienveillan;eeià!rté§"arddes;petliis,;

iaiors 'qu'il -se iirendait .au chapitre id' Assise, en 1269,

île ! pieux miaaistr.e iS'aflfiîêta^aucCiOAitvent de fFolign^, ,Qr

jl jarriva quiUin rbon jEnère qim était jplaiG^é dans .un;e

gEande tlristease, n'fav^tîpu aborder levministoe,(général

:à-cajaAe (du nombre [Considérable .âecreligieu&vquirallàîeDt

^le ivoiff ofu qiii (oomiposaient isa isuite. Affligé, > le^çausvjre

*ÉEère pritilarrésaluiion d'alBr )î'attendr.e;jsur rie ciiemin;

,{xr6nant<i(l<imcle5idevaibts, lil.Hseïi!en:dit 'àiquelq

;aîi. 'delà dbilavville.'.Bôs. qu'il raperçut îleosaÎM ^énéccail, iil

l'àfeiarda a^ee :humilité;et lui fâtt; : M»n (Vénérable ip ère,

j'aurais grand besain<ïdewo*ts jpaifer spour maicoaso-

a. iiBoHle, loc. xit. ^.'J.-ch. rv.

LE VRAI RELiaiEUX. SES lŒVeTIONS. 179'

lation* j© voïïSi sap^plic très' bum'bleîn«nt dfe^ ne^ pas' disdaignîer votïtea^et, qt»ï pouK^êtrelfe dfernierd'ès'^Fpères, im. laisse pas d^êtk'e^ âotumis » T«>fre*gardè. Tèoeftédfe' tant de simplicité, Bonaventure se sépare d^'Stt'saité pour éeosutei? ave© patienceîGe; pauvre religieux; il' ne leqtiîtte qa -après? lub avair; indiqué' tes- remèdes qui lui- eonve-nfaient et) l'avoir CGfKS®iiê'. Êbmme l'ènfretien^ se prolon— geaitj ses (SGm^agnomseomm&maâenVh. murmnirer' entre eux-, pîîéïextantf qu'îciiï Ministre ©énêral- rrc devait pas'^ s'avilir au ' point? dfeî s^arr^er poiir> prêter l'oreille aux' dâscoM'S' d'u» sîiBple Frdre-, assez osé pour l'arrêter sur sa route. ILcKFsqa'rll lés> rejoignit^ Bonavenilure' n'eut' pas d/è" peine' ht reeonnai'Cré' à leur attitu-de' qu'ils éCaîent nïécfontent?S'; il leurrdit : Il ne m'àpas' été IbisiMte d-én agir différemment ; je ne suis que le'mimstre et fë servï-' teur, ce bon religieux' eslî le raaîitre'.

G^rand fut saint Bbnaventnr^ dkns Uà^ininistration deson(Drd»e. Non seulement'il<éutià d'êfèndresesFrëresi contre ' les? diétsraeteurs ét^angers'^à sa' famille' religieuse; il eut a concilier lles^ divergences^ de vue des Frères euixm«mesi Use' m^nasa fort contre fe raalVeilknce dès uns, ferme et énergique contre 'Fintransigeance des' autres^ M. tousfirputidémontrer, s?il' ncréussit pafs a tes convaincre, que la' discipline", lïi> dévotion, lia régularitë dfe'Fobservance^ exageairent' qu'ofa- nie se contentât- plus d'è- petits cowvents- ou de sinipfes ermitages*, comme eelia se poTivait* akvïs- que l'es- Frëres' étaî'en« peu' nombreux'. Les modifications qu'il sanctionna die son autorité s''mi-' posaient, comme le prouvaitd'èxCTMple suivi par de très sainBs^reMgieu'X-, aniis' dëlli pauvreté=et-dè la sainte Règle; Sa grandfenr de- vue fuH' de rég^leraenter selon" l'es' règrfes" delà plus- sage> prudence' ce qui convenait à tbus> pias delîaisser à chacun là> lâtitudie^ dé se contenter eja son particulier de l'indispensable, se conformant de cette manière aux intentions du séraphique Patriarches &6na-

venture ne désirait pas moins que saint François la parfaite observance de la Règle. Les tempéraments qu'il apporta servent uniquement à démontrer la vertu et la force de son caractère .

Quand la nécessité l'y contraignit il ne manqua pas delà fermeté et de la vigueur d'énergie^qui sont les marques d'un bon supérieur. Les élucubrations de Frère Gérard de Borgo San Donnino étaient de nature à porter préjudice à tout l'Ordre. Bonaventure ne pouvait permettre que l'impudence d'un seulrejaillît sur tous. Puisque l'auteur de VEvangile éternel ne revenait pas à résipiscence, que son exemple était pernicieux, et un sujet de" scandales, il ne restait plus qu'à éloigner la brebis galeuse, qu'à séparer du corps sain le membre gangrené. Gérard fut jugé et justement condamné au « pain delà tribulation et de l'angoisse ».

C'est à l'occasion de ce frère Gérard qu'il fut établi que nul dans l'Ordre ne pourrait désormais publier un ouvrage en dehors de l'Ordre sans l'approbation du ministre Provincial et de son définitoire ^

Ministre général, il s'entoura de sages conseillers, de qui il prenait fréquemment l'avis. Dans les délibérations capitulaires il proposait humblement ce qu'il croyait utile au bien, mais se rangeait à l'avis de l'assemblée. Loin de mépriser l'œuvre de ses prédécesseurs il recueillit toutes les constitutions établies par eux, les rendit obligatoires, et les compléta par de nouvelles ordonnances, devenues nécessaires.

Humble, il n'ambitionnait pas les honneurs. L'archevêché d'York, en Angleterre, étant ^devenu vacant, le pape Clément IV, qui n'avait pas agréé l'élection de Guillaume de Langton, trouvait dans Bonaventure, dit Fleury, « la pureté des mœurs, l'austérité delà vie, l'émi-

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