I. Salimbene
^êêSÉii&I;j^S!MéM:ii:MéaiiiH:
WSMÉëSÉèM&iMSi^MMSàiS^&&s&i
LE VRAI religieux; SES DEVOTIOxNS. 181
nence delà science, la prudence, la gravité, l'expérience de gouvernement, et le rare talent de maintenir la plus exacte discipline, en se rendant aimable à tout le monde*. » Par bref du 24 novembre, daté de Pérouse, le pontife ordonnait à notre saint d'accepter cette dignité. Le travail et les obligations d'une lourde charge ne l'effrayaient pas, il se sentait assez de zèle pour ne reculer devant aucun labeur, mais les honneurs le faisaient trembler; abandonnant toute autre chose, il alla se prosterner aux pieds du pape, et à force d'instantes supplications obtint de demeurer dans l'humilité de son saint état religieux. De retour au couvent il continua de se signaler entre tous par son amour dé la régularité et par son observance des pratiques conventuelles. Devenu ministre et supérieur de l'Ordre, il conserva une prédilection pour les offices vils et obscurs ; par goût il recherchait les plus humiliantes occupations. «C'est de l'humilité que de fuir autant que possible les honneurs à l'imitation de Jésus-Christ, à moins que l'obéissance ou le zèle des âmes n'obligent à les accepter 2. » Quand donc Grégoire X qui l'avait nommé cardinal, députa vers lui des ambassadeurs, chargés de lui remettre les insi-^ gnes de sa dignité, ceux-ci le trouvèrent occupé à la dernière des pratiques conventuelles; tout comme le dernier des novices, Bonaventure lavait la vaisselle.
Sans discontinuer son travail, il pria les messagers du pape de déposer sur une branche d'arbre le chapeau que décemment il ne pouvait en ce moment prendre et recevoir de ses mains. Il termina son humble besogne, ' puis après avoir pris sur l'arbre le chapeau de cardinal, alla rejoindre les envoyés apostoliques, à qui il. rendit les honneurs dus à leur rang et h leur dignité. L'entre^