‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 125 sur 143 · I. Ann., t. IV · texte numérisé non relu

I. Ann., t. IV

raissez, fantômes sans nombre ; mon bien-aimé est unicpie, mon amour est «n, c'est Jésus-Christ, mon Dieu, mon époux. Que rien autre n'ait de saveur, de délice ni d'attrait hormis Jésus-Christ ; qu'il soit mon tout, et que pour lui je sois tout, que .moa cœur soit un avec lui; car je ne veux rien savoir, aimer, ni rechercher si ce n'est mon Seigneur Jésus-Christ, mon Jésus crucifié^. »

Le don d'intelligence révèle la vérité de la dilection du Christ, c'est-à-dire de son immense amour: et voici que Bonaventure pénétrera jusqu'au fond, car il ne lui suffit pas de ne voir qu'à travers des voiles. La perspicacité de sa foi ne s'arrêtera pas à la contemplation de la chair pantelante d'un crucifix; il plongera son regard jusqu'au fond de là plaie béante du côté transpercé de Jésus; la forme de la petite hostie et sa blanche couleur ne lui seront plus un obstacle, il pénétrera bien au delà. La vérité de la dilection du Christ est dans la charité, dans la charité sans borne et sans limite ; la charité a son centre et son foyer dans le cœur. C'est jusqu'au Cœur de Jésus que s'étendra la dévotion du séraphique docteur. La piété franciscaine ne «'arrêteras aux formes extérieures de la passion, elle va plus loin que les espèces eucharistiques. Eminemment chrétienne, elle monte jusqu'à ia source de l'amour divin incarné dans le Christ, notre Sauveur. Quand le pieux docteur verse des larmes de compassion en méditant sur les souffrances du Rédempteur du monde, quand son cœur est rempli de délicieuses affections devant le tabernacle, c'est que dans la Passion comme dans l'Eucharistie il trouve le Cœur infiniment aimant de Jésus. La Passion, l'Eucharistie n'ont de signification pour une âmei que si elle y rencontre le Cœur de Jésus, Fils du Père éternel, le

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