II Reg., c. I
tout bouleversé par l'émotion, fit un magnifique éloge du saint cardinal. Plus que tout autre il ressentait la perte faite par la sainte Église, mieux que tout autre il avait pu apprécier les mérites et les vertus du défunt, ne pouvant contenir les mouvements de sa reconnaissance et de son estime pour cet illustre mort, il prononça avec abondance de larmes ces mots qui demeureront comme un monument de la gloire de notre saint : cecidit columna christianitàtis, elle est tombée la colonne de la chrétienté. Puis par une attention particulière, singulière et unique dans l'histoire, il ordonna que tous les prélats et tous ,les prêtres de l'univers entier célébrassent chacun une messe pour le repos de l'âme du glorieux trépassé. Même ordonnance fut faite par le chapitre ' général des Frères Prêcheurs, Pro çenerahïli pâtre domino Bonaventura, quilibet sacerdos dicat unam missam i. Les mêmes suffrages lui furent appliqués dans l'Ordre en vertu de nos Constitutions, Ainsi se manifestaient de tous côtés l'estime et la vénération pour ce défunt, en qui « le pape pleurait un fidèle conseiller, les cardinaux un ami, les Grecs le vénéré Eutychius, et l'Ordre des Mineurs leur meilleur père^ ».
« Ce pauvre religieux franciscain, qui n'avait subi les honneurs du cardinalat qu'avec une répugnance marquée, eut les plus belles funérailles dont l'histoire « fasse mention», dit l'abbé Martin 3. Or, mystère inexplicable, une fois son tombeau fermé, Bonaventure est oublié pendant près de deux siècles. Le pape qui venait de verser des larmes, les Pères qui l'avaient pleuré avec