‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 134 sur 143 · Concile et Bull, de Lyon, XXXIV. Lyon, igoS · texte numérisé non relu

Concile et Bull, de Lyon, XXXIV. Lyon, igoS

lui, les Frères Mineurs privés des lumières d'un si sage conseiller, paraissent tous ne plus se souvenir des bienfaits reçus; seul le tombeau de Bônaventure fut, çc le confident tacite des malheurs et des tribulations des fidèles, l'autel de leurs soupirs, le remède à tous leurs maux, et un théâtre heureux où le Seigneur se plut à manifester ses miséricordes^ ». Il est vrai, fait observer l'Encyclopédie protestante publiée à Leipzig : « Dans l'Ordre on le considéra aussitôt comme un saint, et son tombeau comme un lieu de prodiges, mais l'Église pourtant ne le canonisa qu'en l'an 1482 ^ ».

L'apparat et la pompe des funérailles n'étaient que le prélude des honneurs que la postérité devait rendre un jour à la mémoire de ce grand saint. « Il semble que le Seigneur, commençant dès lors à prendre soin de sa gloire sur la terre, voulût par cet appareil le plus honorable et le plus solennel que l*on ait jamais vu, faire connaître à son Eglise dé quel prix et dans quel rang Bônaventure était près de lui^. » En attendant le jour de la glorification, le corps du séraphique docteur reposa primitivement dans la toute petite chapelle du couvent construite par les soins du sieur N. de Grolée, sénéchal de Lyon, lors de la fondation du couvent en 1220.

Bônaventure dort en son tombeau le sommeil du juste; nsais pour lui comme pour tous les vrais serviteurs de Dieu, il y a une vie d'outre-tombe, la vie dans la mémoire et le cœur des fidèles, une vie qui se perpétue par le culte que l'Église rend à ses saints.

Après deux siècles d'oubli, on se sou?vint enfin de Bônaventure ; des princes chrétiens s'intéressèrent à sa

1, Boule, Fie de saint Bônaventure^^. iSa.

2, Realencyclopaedie, vol. lEI, 28a,.. Leipzig, 1897,

3, Ici., ibid., p. 169.

cause. Quand toutes les informations furent prises, les discussions terminées, à l'instance de Louis XI, roi de France, le pape Sixte IV, de l'Ordre des Frères Mineurs, procéda à la canonisation solennelle de Frère Bonaventure. Par sa bulle i. Supei^na cœlestis ciçitas Jérusalem, du huit des calendes de mai 1482, il le mit au catalogue des saints, permit qu'on en célébrât la fête comme d'un confesseur et docteur, le deuxième dimanche de juillet de chaque année, concédant une indulgence de sept ans et sept quarantaines g-agnable; le jour de la fête par tous les fidèles qui, s'étant eonfesséSy visiteraient l'église où reposait le co*ps du saint docteur ; et sept jours d'indulgences pour chacun des autres dimanches; même faveur était accordée à quiconque assisterait aux divins offices dans les églises des Frères; Mineurs tant le jour de la fête que pendant Ites octaves^..

Plus tard, le pape Sixte V, également Frère Mineur, déclara en sa bulle : Triumphantis Jérusalem, que nonobstant la déclaration de son prédécesseur Sixte IV, de célébrer cette fête le deuxième diTnanche de juillet?, elle serait fixée désormais à la veille- des ides de ce même mois, pour toute la terre ; que FofBce se célébrerait sous le rit double ; que dans les calendriers on ajouterait le titre de docteur, quand bien même il ail été disposé autrement pour fes nouvelles réformes du Bréviaire et du Missel. Enfin, le pontife concéda une indulgence; plénière pour le jiour de la fête, dans le» conditions accoutumées de la confession' et de la comsmunion^. Peut-être ne célébra-t-on pas d'abord cette fête avec un office propre, cependant on* ne tarda pas

1. Fr. Emman. 'R.oderic, Collectio et compilatio Privilegior.,!. I,. p. 142. Lugduni, i6i3.

2. Bulle de la veille des ici. de mars, iSSj. — Fr. Emm. Rocleric^ Collect, et Compil. Privilegior., t. I, p. Sog-SiS.

à en composer un, même deux et davantage. Les manuscrits de la fin du xv® siècle et du commencement du suivant nous les fournissent.

Le codex aSiSa de la Bibliothèque de Munich en contient un premier qu'on trouve également dans un codex de Saint-Brieuc ; cet office fut imprimé dans lé Bréviaire de la Curie que possède la Bibliothèque Angelica de Rome, sous la cote H. 9. 55, au folio 435. v. ; on le trouve dans les éditions vénitiennes de 1 5o6i5i2-i522, et autres. Dreves l'a publié dans ses.^nalecta hymnica, volume XXV, p. 170-172,

La Bibliothèque nationale de Lyon nous fournit un deuxième office dans le bréviaire manuscrit, coté 558, et dans un autre bréviaire romain imprimé à Lyon en i528, avec les hymnes qui font défaut dans le manuscrit.

En plus du manuscrit lyonnais, Dreves^ cite un manuscrit de la bibliothèque universitaire de Dublin, Trinity Collège.

' Plus tard enfin, lors d'une nouvelle réforme de notre bréviaire sous le pontificat de Pie VI, les anciens offices ■ furent presque tous abrogés. De ce nombre furent tous ceux de saint Bonaventure. La bulle Religiosos ordines (lySS) en autorisa de nouveaux que nous récitons dans l'Ordre.

Un autre office propre de saint Bonaventure fut encore composé par un Père Conventuel, et présenté en hommage à un cardinal ; la copie & en conserve à la Bibliothèque nationale de Paris. C'est peut-être l'office que récitent les Conventuels et les Capucins, qui les uns et les autres ont abandonné les vieux offices traditionnels de l'Ordre pour adopter les nouvelles compositions du Père Antoine Azzoguidi, Mineur conventuel.

T. Dreves, XXV, 172-175. — Cod. B. 1-2.

Le Père Gallus Haselbeck, de la Province de Thuringè cite quatre autres hymnes, tirées d'un bréviaire du XVI® ou XVII® siècle, dont les débuts sont ainsi :

Virlutum preemia suggerit...

Arborém celsus construit..,

Imbribus sether fœcundis...

Sol clara ftifget radio^.,.

L'office fut d'abord concédé sous le rit double majeur. La rubrique indiquait que les antiennes et répons se devaient chanter sur le ton de celui de saint François : Incipit officium proprium canendum in tono sancti FrancîscjP-. i ^

La légende : Gloriosus Deus, donnée en son intégrité, est tirée de l'excellent discours prononcé le lo avril 14B2 par l'illustre jurisconsulte Octavien de Martinis.

Vers la fin du xvii® siècle, accédant aux prières du R. P. François Diaz de Saint-Bonaventure de l'Observance et définiteur, agissant avec le consentement du R. Père Procureur de l'Ordre, et sur la présentation de son Eminence le cardinal de Laurea, la Sacrée Congrégation des Rites daigna permettre qu'à l'avenir on pût en tout l'Ordre des Frères Mineurs réciter l'office de saint Bonaventure une fois le mois, sous le rit semi-double, un jour non empêché par une fête de neuf leçons, exception faite du temps de l'Avent, du Carême, des Quatre-Temps et des vigiles. (Décret du i3 juin 16933.) En vertu d'un second décret du 17 juillet 1694, adressé au R. Père Jean Damascène Bragaldi, ladite faveur fut étendue à la famille des Pères Conventuels'^.

1. Arclî, Franc. Hist., m, p. 141. Brev. franc, bïblioth. s. Liicii prope Hechingen.

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