Hexamer. , XIT, c, xix
son principe triple et une, c'est-à-dire la trinité de ses facultés, par laquelle elle est l'image de Dieu, l'âme s'aide des lumières des sciences, qui l'informent et perfectionnent, et lui représentent la très sainte Trinité de trois façons. Car toute philosophie est naturelle, ou rationnelle, ou morale. La première s'occupe de la cause de l'être, et conduit à la puissance du Père; la seconde s'occupe du raisonnement, ou mode de comprendre, et fait entrevoir la Sagesse du Verbe; la troisième s'enquiert de l'ordre de vie, et élève jusqu'à la bonté du Saint-Esprit. . . Toutes les sciences ont des lois certaines et infaillibles, qui sont comme des lumières ou des rayons descendant de la loi éternelle sur notre âme. Lors -donc que l'âme est enveloppée de ces rayons, celle-ci, à moins d'être aveugle, se conduit elle-même comme par la main jusqu'à la contemplation de la lumière éternelle. L'irradiation de cette clarté et sa contemplation font que les sages restent en admiration, tandis que les insensés, qui ne croient pas afin de comprendre, ne parviennent à rien autre qu'au trouble et à l'agitation, selon la prophétie royale : ïlluminans tu mirabilitër a montibus seternis turbatisunt omnes insipientes corde'^ , » Le jugement que Bonaventure porte sur la méthode des deux plus grands philosophes de l'antiquité, nous éclairera sur sa propre manière. Voici ce qu'il en disait : « C'est à juste titre qu'Aristote reprend son antagoniste Platon, parce que celui-ci place toute la certitude dans le monde intellectuel ou idéal ; ce n'est pas qu'il ait mal dit en affirmant que les idées et les raisons sont éternelles, puisque saint Augustin l'en loue, mais parce que faisant fi du monde sensible, il veut réduire toute la certitude de la connaissance à ces idées ; en agissant ainsi, tout en ayant l'air de tracer le chemin