I. Ps. Lxxv. — Itiner. menu, ad Deum, c. ii et m
vers la sagesse, qui procède selon les raisons éternelles, il détruit la route de la science, qui procède selon les raisons créées, système que défendait Aristote, en négligeant ce qui est supérieur. Voilà pourquoi on l'cconnait chez Platon le langage de la sagesse, et chez Aristote celui de la science. Le premier contemple les •
choses supérieures, le second les inférieures*. »
Bonaventure ne fut donc pas le disciple d'une seule école ; tantôt il suit la méthode d'Aristote pour s'élever dans la spéculation, tantôt il descend avec Platon des sphères les plus hautes et s'abaisse à l'étude de tout ce qui est inférieur.. Son esprit, toujours en mouvement, V
ne s'arrête jamais, il monte ou descend, sans cesse • avide de lumière et de vérité. Et c'est à l'aide d'une très clairvoyante philosophie qu'il pénètre les mystères de la divinité, et nous en parle avec une sagesse incomparable dans r Itinéraire de Vâme. L'aridité métaphysique du sujet ne l'empêche pas de mêler la suave onction de la .piété a tout ce qu'il expose.
Néanmoins, à la suite de son maître Alexandre, Bonaventure se fit plutôt le défenseur de la méthode platonicienne, et de tout ce qu'il considérait comme doctrine de ce philosophe. C'est ainsi qu'il soutint la doctrine des universaux ante rem, comme des prototypes préexistant dans l'Intelligence divine ; dans VHexàmeron, il s'exprime ainsi : « Quelques-uns prétendent que l'idée universelle n'existe pas dans l'âme. Platon la place en Dieu, d'autres dans l'âme uniquement; mais c'est trop restreindre. Je dis donc que l'universel est un pour plusieurs choses, un en beaucoup de choses, et un au delà de beaucoup de choses. Un pour beaucoup de choses, il se trouve en puissance dans la matière, et il est incomplet; un en beaucoup et au delà de beau-r