I Sent., dist. XXXV, art. I, q. i
3 I Sent., ibid.^ q. m.
Dans la pensée de Bonaventare la làéologie est la première des sciences, dont toutes les autres sont les servantes. « La raison peut bien découvrir quelques vérités morales, mais Ja plupart ne sont coasipréheinsibles qu'à la lumière de la foi. Pour les comprendre, l'âme doit employer la prière et la pratique des vertus, et se servir de la méditation sans le secours de laquelle nul ne parvient à l'union extatique avec Dieu. La fin suprême est cette union. » « Le fruit de toutes lés sciences est d'établir la foi en tous, d'honorer Dieu, de régler la conduite personnelle, de puiser les consolations cachées dans l'union de l'époux céleste et de l'épouse, union qui ne s'atteint que par la charité, fin de tout ce à quoi tend rÉcriture, et conséquemment toute lumière venant d'En-^haut, etsans laquelle toutes cience est vaine ; car on n'arrive au Fils que par le Saint-Esprit qui nous révèle toute vérité * . »
« La théologie est vraiment la science par excellence, la seule parfaite, puisqu'elle commence par «e qui est premier, c'est-k-dire le premier principe, s'étend jusqu'à ce qui est dernier, la récompense éternelle; part de ce qui est souverain, Dieu très haut, et parvient à ce qui est le plus bas, le supplice éternel.
A En elle réside la sagesse parifaite ; elle va de la cause suprême, principe de tout, terme de toute connaissance philosophique, puis ramène à cette même cause, récompense des mérites et fin des désirs. C'est en cette connaissance qu'est la sagesse parfaite, la vie et le salut des âmes-. »
Tout l'enseignement du séraphique docteur converge vers ce but final ; faire monter l'âme jusqu'à Dieu.
Si en sa façon déraisonner et de traiter toutes chose*
I. De reduct. ariiiim. ad Theolog, a. Brcviloc]., p. I, c. i^ 2-3.
« Saint Bonaventure se révèle un parfait mystique, il nt laissa pas pour cela d'être un profond théologien. Il était capable de discourir avec un talent merveilleux sur les questions les plus abstraites de la scol astique; son génie s'exerça dans les discussions les plus ardues, louchant les universaux, la matière, le principe d'individualité, l'intellect agent, où plus d'une fois ses convainr cantes raisons l'emportaient sur les opinions adverses. Toutefois, à l'exemple du bienheureux Albert le Grand il considéra, avant tout la théologie comme une science pratique^. » '
Sur l'ensemble des questions discutées entre les théologiens, saint Bonaventure ne se sépare jamais de la doctrine catholique; là seulement où la définition dogmatique n'est pas intervenue pour mettre un frein aux curieuses investigations de l'esprit, là où la discuission est encore permise, il ne s'inféoda à nul de ses devanciers ou de ses contemporains. Dans le seul premier Livre de Sentences, les éditeurs de Quaracchi énumèrent vingt-quatre questions où notre docteur n'est pas de l'avis de l'angélique Thomas d'Aquin.
Tandis que Thomas soutiendra que le « libre arbitre est une puissance de Vkxxi&, potentia'^ », le séraphique docteur après avoir allégué deux opinions des maîtres, en posera une troisième où il conclura catégoriquement que « le libre arbitre est un nom principalement donné à une habitude, à un Jiabitus. Parce que, selon sa propre désignation, le libre arbitre est dit avec justesse la faculté de la volonté et de la raison, il s'ensuit qu'il est principalement un habitas, embrassant la raison et la volonté, non en tant que puissance constituée par les deux, mais en tant (\Vihahitus, qui est en vérité