‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 36 sur 143 · Ps. Lxxxiii · texte numérisé non relu

Ps. Lxxxiii

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ne s'opère que par la grâce qu'il faut demander; car l'oraison est le principe et la source de toute élévation ! » Bonaventurtf guide la créature vers le Créateur par six degrés jusqu'aux sommets anagogiques ou mysti- . ques de cette union. Dans ce que Pascal, Malebranche, Fénelon et Bossuet « ont écrit sur la connaissance de Dieu, il n'y a peut-être rien à la fois de si élevé, de si profond, de si court et de si complet, que dans cet opuscule de l'Itinéraire de l'âme à Dieu^. » « D'échelon en échelon, le docteur séraphique conduit l'âme jusqu'à Dieu, lui faisant envisager Dieu d'abord par ses vestiges et dans ses vestiges, les créatures matérielles ; par son image, et dans son image qui est l'âme ; dans son premier nom d'être suprême, et dans celui de st»uverain bien. Par ces six degrés de connaissance, l'âme fait sa progressive ascension vers la contemplation de la divine Majesté. Mais le septième degré est un pur effet de la grâce; c'est le ravissement de l'âme au-dessus d'elle-même; c'est l'amour de Jésus crucifié, amour qui transforma Paul ravi jusqu'au troisième ciel^». « Amour qui absorba tellement l'esprit du bienheureux François que, pendant deux ans avant sa mort, il porta en sa chair les sacrés stigmates du Sauveur. Mais on ne parvient à Dieu par le Christ, par nulle autre voie que le désir^. » « Pour entrer en participation de ces divines lumières sont requises la vivacité du désir, la perspicacité de l'étude, la tranquillité du jugement. Sans un désir inné et très vif l'âme ne devient pas contemplative. Qui n'a pas ce désir n'a rien du contemplatif, car la source des lumières descend de ce qui est inférieur, et non le contraire. A ce désir répond le chœur des séraphins, ardent

1. Ifist. univers., Rohrbacher-Fèvre, t. IX, 85, Paris, 1904.

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