‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 37 sur 143 · Itiner. Anim., Prol · texte numérisé non relu

Itiner. Anim., Prol

LE"THÉ0LÔ"GIEN mystique. ' 49

comme un brasier; voilà pourquoi le feu tient une place prépondérante dans les Saintes Lettres. Moïse au pied de là montagne aperçut le^ feu, mais s'éleva jusqu'au sommet pour le contempler. S'il n'était monté jusqu'à ce brasier, Moïse ne fût pas descendu pour instruire le peuple. C'est le désir qui dispose l'âme à recevoir le feu divin. Afin de percevoir les dons de Dieu il faut à l'âme une attention perspicace, de peur que d'autres occupations ou des fantômes l'empêchent de se porler vers la lumière. Enfin, tranquillité du jugement ; car si le jugement est troublé par quelque passion, c'est en vain que Dieu lui communique ses dons \J l'amour, la haine, l'espérance et les autres passions le pervertissent. Dès que, grâce au désir, la lumière est descendue, que grâce à la perspicace attention elle est apparue en toute sa splendeur, dès que l'âme a décidé avec sérénité, elle peut se commander à elle-même et agir, si Dieu l'ordonne^. »

« Le mysticisme de Bonaventure ne s'élève pas audessus de ce dont une âme est capable, d'après les dons qu'elle reçoit, savoir jusqu'à sobriété, car l'orgueil mérite d'être trompé, illusionné; il met en garde contre toute exaltation. On doit réprimander celui dont le cœur s'exalte et dont les yeux s'élèvent pour marcher en de grandes et admirables voies, mais au-dessus de soi. » Il n'y a vraiment qu'un seul moyen de salut : « Suivre la doctrine puisée dans la sainte Ecritur,e et les écrits des Saints, puis se guider d'après les règles de la saine raison 2. »

• Ce qu'ayant diligemment considéré, Gerson fait l'éloge de l'Itinéraire de Vâme^ le déclare supérieur à toute louange, et ajoute : « Je n'arrive pas k suffisamment ad-

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