‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 39 sur 143 · I. Opéra, VIII · texte numérisé non relu

I. Opéra, VIII

Le vrai moyen de réforme né lui échappa pas : « Que la dévotion de notre cœur et la ferveur pour le zèle soient excités, incitez tous. les Frères à l'étude de l'oraison et delà vie intérieure. »

« Pour quiconque veut être disciple de Jésus-Christ, et vivre en sa compagnie, le sommet de la perfection est de porter la crojx : car, dans la croix se trouvent la souveraine humilitél la souveraine pauvreté, la souveraine austérité : trois choses que François prêchait à ses frères, trois choses qui constituent toute la perfection d'un véritable frère mineur. » Rien de plus opportun, par conséquent, que de parler le langage de la théologie mystique. « L'objet suprèn^ de cette théologie est runion de l'âme avec Dieu, non pas l'union de l'esprit et de la volonté en activité, mais l'union de l'essence de l'âme simplifiée, purgée et dépouillée de toute sollicitude, concupiscence et fantasmagorie. La théologie mystique s'occupe moins en effet des opérations des facultés de l'âme que de l'union de l'essence même de l'âme avec Dieu..., mais tend à l'embrassement spirituel, ineffable et inexprimable dont l'Épouse . fait la délicieuse expérience quand elle s'écrie : Je suis à mon bien-Aimé, et ma conversation est avec Lui*. » Cette ihéoriie de Gerson^ fut celle de Bonaventùre.

Saint François avait une prédilection pour la solitude, et volontiers s'abritait en de misérables cabanes construites en des ermitages, afin de s'y livrer à l'oraison, mais on ne lit nulle part qu'il obligeât ses frères à ne vivre qu'en des lieux retirés. Sans doute il entrait bien dans son intention que les. frères non occupés à la prédication et au ministère des âmes choisissent de préférence la solitude ; mais soit dans les

1, Gant., VI, 2. I

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