Delihris cautelegend
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couvents, soit dans lesj demeures solitaifes, un même esprit les devait animer tous également. Nul ne devait porter l'égoïs^me jusqu^à ûe penser qu'à soi et néglig-er le ministère de l'apostolat. Afin de réagir contre les excès des uns et des autres, Bonaventure propose la vie intérieure de la parfaite contemplation comme le moyen 'le plus efficace de sanctification. S'il n'était pas possible d'obtenir que tous revinssent à la primitive simplicité, car la fragilité humaine en empêchait plus d'un dé s'élever à la hauteur de l'idéal dii Père, du moiçis fallait-il tenter de les ramener tous à une conception plus juste de la vie intime avec Dieu. Bonaventure à cette fin dicta ses œuvres mystiques. Pour l'usatge des Religieux, il fit l'Exposition de la sainte Règle; toUëlës doutes y sont résolus avec la compétence d'un juriste consommé et la sûreté de doctrine d'un théologien : car Bonaventure ne veut pas uniquement l'observance matérielle des lois, il désire que tous vivent de l'esprit du Christ. Ayant ainsi donné sur la Règle tous les éclaircissements nécessaires, il laissa de plus un Sermon sur la Règle. « La Règle, y est-il dit, est une loi, du latin regulare, parce que, par elle, quiconque en a fait profession est réglé par rapport à Dieu, la Règle servant à l'extirpation de tous les vices, car Dieu et un frère vicieux ne peuvent cohabiter, pas plus que la lumière avec les ténèbres. »
« La Règle prépare l'implantation de toutes les vertus, en guidant vers Dieu par l'élévation de l'esprit, et réglant les rapports avec le prochain par l'esprit de paix. »
« Les rapports envers Dieu sont renfermés en là dévotion, qui est de deux sortes :Ia dévotion déterminée par les obligations de l'office liturgique; la dévotion illimitée qui embrasse tous les instants ; de trois manières, par excellence, selon la Règle : <f que les Frères
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cansidèrent qu'au-dessus de toutes choses ils doivent désirer de posséder l'esprit du Seigneur ^ ; par effluence , car il est ajouté : « et sa sainte opération » ; par la continuité : <c prier toujours avec un cœur pur. Celui-là prie toujours dont la dévotion ne s'interrompt jamais />.
« La vertu qui met de l'ordre dans les relations avec le prochain, c'est la paix, d'où cette exhortation de saint François : « Je conseille, j'avertis et j'exhorte mes frères dans le Seigneur Jésus-Christ, que quand ils- vont dans le monde, ils n'aient pas de procès, mais soient doux , pacifiques, modestes et humbles ; doux d'esprit, pacifiques en paroles, modestes dans les actioné-, pleins, de mansuétude à l'égard du prochain, traitant avec tous selon les règles de l'honnêteté... »
(( La Règle discipline le zèle des âmes dans l'apostolat près des fidèles et chez les infidèles; elle mène à la consommation dé tous les biens, par la stabilité, ou persévérance dans la sainte vocation; par les saintes opérations. »
« La Règle enfin rend plus prudents, plus sages et plus fervents ceux dont la bonne intention ne s'altère jamais 1. »
Sur le mont Alverne, ce Golgotha franciscain, où le séraphique François reçut les stigmates du divin Sauveur enFannée i2.5g, trente-sept ans après la mort du saint Patriarche, Bonaventure écrivit son admirable ouvrage de l'Itinéraire de l'âme à Dieu.
Sur cette montagne bénie, sanctifiée par la visite du Christ à son humble serviteur François, Bonaventure savourait avec délice les parfuiçQS de mysticisme et de sainteté dont le bienheureux stigmatisé dé l'Alverne avait embaumé cette solitude.
Loin du tumulte du siècle, son âme goûtait la paix,
T. Serin, sup. Regul.
son cœur s'épanouissait, se dilatait dans l'amour du Christ. L'écho de la voix divine pénétrait jusqu'au fond de son être, et le divin Epoux lui révélait les sublimes douceurs de' la vie intérieure. Comme transporté à son tout sur les ailes du séraphin, Bonaventure faisait la délicieuse ascension de la montée céleste.
« Lors- donc, écrit-il, que mon esprit s'occupait des ascensions de l'âme vers Dieu je me souvins du miracle en faveur du bienheureux François, sa vision du séraphin ailé en forme de crucifix. J'y découvris l'extase du saint en sa contemplation, et la voie pour y parvenir. Par les six ailes on peut entendre comme six degrés d'illumination qui disposent l'âme à la possession de la paix, comme par autant d'embrasements extatiques de la sagesse chrétienne. Il n'est vraiment pas d'autre voie qu'un très ardent amour du crucifix. »
« L'effigie des ailes séraphiquès signifie les six illuminations successives partant de la créature pour conduire jusqu'à Dieu, près duquel nul n'a d'accès sinon par le crucifix... On ne parvient à la Jérusalem céleste par la contemplation qu'en entrant par le sang dû Christ comme par une porte. Car il n'y a pas d'accès aux divines contemplations, qui mènent à la ferveur intérieure, à moins d'être comme Daniel, homme de désirs. Or les désirs s'enflamment en nous par le cri de la prière qui du gémissement du cœur fait éclater comme un rugissement, et par la lumière de la spéculation, qui aide l'âme à se tourner directement et avec intensité vers les rayons de la clarté. J'invite par conséquent le lecteur aux gémissements de l'oraison, mais en passant par Jésus crucifié, dont le sang purifie nos souillures. Qu'il ne croie donc pas qu'il lui suffise d'une lecture sans onction, d'une spéculation sans dévotion, d'une étude sans admiration, d'une circonspection sans allégresse, d'industrie sans piété, de science sans charité, d'intelligence
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sans humilité, d'étude sans la grâce divine, d'image sans la sagesse divinement inspirée. »
L'amour divin ne laissait a Bonaventure aucun repos, sa conscience lui faisait un devoir de révéler à tous le moyen de participer à l'immense joie qu'engendr« la contemplation des choses célestes. Ultinéraire s'adresse à tous, mais de préférence aux savants, le Soliloquium est pour les simples.
« Commençons, dit Bonaventure, par le commencement; approchons du Père des lumières en l'invoquant avec humilité, fléchissons les genoux du coeur devant le trône de son éternelle Majesté, et devant l'escabeau de l'indivisible Trinité, crions sans cesse en poussant des cris et des gémissements, afin que par son Fils béni Dieu le Père nous donne dans le Saint-Esprit la grâce de cet exercice mental, poiir pouvoir connaître quelle est la longueur, la largeur, la sublimité et la profondeur, et que par elle nous parvenions à celui qui est la fin et le complément de tout désir. »
« Pour être pieux et salutaire cet exercice a besoin d'une puissance qui réconforte l'âme surnaturellément, d'une sagesse qui la dirige, d'u;ie clémence qui la console. »
« Que l'âme dévote, enflammée de l'amour de la divine contemplation, fléchisse donc les genoux de l'esprit devant le trône de la bienheureuse et incompréhensible Trinité; qu'elle frappe humblement, qu'elle implore sagement la puissance réconfortante de Dieu le Père, pour ne pas succomber accablée par le labeur; qu'elle sollicite la sagesse directrice du Fils, pour ne pas dévier séduite par l'erreur, et pour ne pas défaillir vaincue par l'ennui, qu'elle obtienne la clémence et la piété consolatrice du Saint-Esprit ^ . » .
Dans ce traité composé de textes empruntés aux saints