I. Soliloq.y Prolog
Pères, Augustin, Grégoire, Anselme, Bernard, etc., le saint docteur montre en quatre chapitres quel est l'objet de ce pieux exercice.
Le premier rayon de la contemplation fournit des considérations d'ordre intérieur, où l'âme s'arrête à réfléchir sur ce qu'elle est par nature, comment elle fut déformée par le péché, réformée par la grâce.
L'âme dirige le deuxième rayon vers les choses extérieures, et découvre combien instable est l'opulence du monde, combien variable son excellence et misérable sa magnificence. En dirigeant le troisième rayon vers ce qui- est inférieur, elle arrive à comprendre la nécessité inévitable de la mort, la sévérité redoutable du jugement dernier, et la souffrance intolérable du supplice de l'enfer. Enfin, le quatrième rayon, en la tournant vers ce qui est supérieur, lui permet de connaître et goûter le prix inestimable de la joie céleste, son indicible douceur et son éternité sans fin.
Monter vers Dieu fut l'unique aspiration de Bonaventure, entraîner à sa suite ses frères et toutes les âmes, le but de toute sa vie. Il composa donc VIncendium Amoris. L'Incendie d'amour est un opuscule de si grande valeur qu'on ne saurait en estimer tout le prix ; c'est un abrégé non de la théologie scolastiqué, mais de la théologie mystique, qui ne s'adresse « ni aux philosophes, ni aux sages du monde, et pas davantage aux théologiens absorbés par le souci de résoudre des questions sans nombre; il est pour les gens simples, pour les ignorants plus soucieux d'aimer Dieu que d'apprendre et savoir beaucoup de choses ; car ce n'est pas dans la discussion, mais dans l'action que s'acquiert l'art d'aimer Dieul ,)^
Dès le premier chapitre, Bonaventure rappelle com-