‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 43 sur 143 · I . Incend. Amor. , c . i · texte numérisé non relu

I . Incend. Amor. , c . i

1. .Saint Ignace çk Lofolaych.n. B.. ioXy .-^ Etudes Francicaines^ t. XXXIII, n° 188, p. 36.

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reusement le divin crucifix; dans la- Vitîs mysticay la vigne mystique, il se plaît à considérer Jésus sous l'attribut qu'il se donna : a Je suis la véritable vigne » ; et par le moyen des considérations les plus élevées il s'efforce de convaincre son lecteur, l'incitant à Tamour de Dieu. c

Le prologue du Lignum vitœ signale dès lès premiers mots ce que doit faire un vrai serviteur de Dieu, ce que doit entreprendre tout frère mineur. Le but de la vie religieuse est d'acquérir la perfection par la ressemblance avec le Christ. Or : « le vrai serviteur de Dieu, disciple du Christ, désireux de se conformer parfaitement au Sauveur crucifié, doit par-dessus tout s'appliquer, avec toute la vigueur de son attention, à porter la croix de Jésus-Christ, aussi bie^ en son esprit qu'en sa chair ^ ».

La Triple voie éloigne l'homme de tout ce qui est périssable afin de le conduire à Celui qui seul est digne de l'attachement du cœur, car « seul entièrement désirable, totus desiderahilisy). ¥x par sept degrés l'âme parvient à la tranquillité de la paix. Quand elle est passée par le sixième degré, qui «est l'ardeur dans le désir du martyre, désir motivé par le besoin de perfection dans la rémission des fautes, de perfection dans la purification des péchés, dans la satisfaction de la peine, dans la sanctification par la grâce, alors lui est donné le repos à l'ombre du Christ, où se trouve la stabilité et la paix, où l'homme se sent protégé à l'ombre des ailes divines, et ne sent plus les ardeurs de la concupiscence ni la crainte de la peine... » Par sept autres degrés l'âme s'élève jusqu'à la splendeur de la vérité; par sept encore, à la douceur de la charité. « O âme, dira Bonaventure, soit que tu écrives, lises, enseignes, ou fasses toute autre chose, que rien n'ait pour toi de saveur, que rien ne te plaise sinon Jésus.

LE THEOLOGIEN' MYSTIQUE.' >' .'^'.^'-'m' ' \-'-

Invoque donc Jésus, c'est-à-dire le Sauveur; qu'il le préserve de la vanité du monde, qui te livre des assauts, qu'il te délivre du mensonge du démon, qui est une infection, qu'il te garde de la fragilité de la chair qui te crucifie^. »

Aux supérieurs de l'Ordre il dédia l'admirable traité De sex alis Seraphim^ « Des six ailes du Séraphin » ; il l'écrivit afin que tous, supérieurs et inférieurs, fussent instruits sur la manière la plus efficace, non seulement de persévérer, dans la vocation reçue, mais, par la parfaite observance de la Règle, de devenir parfaits disciples du Christ, s'exerçant à gravir les degrés de la vie contemplative. Séraphin par les ardeurs de sa qharité ; il n'ambitionnait rien moins que de convertir ses frères en autant de Séraphins.

Tout ce qu'il enseigne pour la formation des Supérieurs correspond si bien à l'idéal de tout Supérieur que le traité De sex alis Seraphim fut adopté par la Compagnie de Jésus, imprimé spécialement et distribué en toutes les provinces delà Société, par ordre du Père Aquaviva, général de la Compagnie, parce que, disait-on, « il est conforme à notre esprit, et convient à notre mode d'agir en la Société ». Dans les bibliothèques de la Compagnjie cet opuscule était mis presque au même rang que les ouvrages de l'Institut.

La pensée des biens célestes occupait continuellement l'esprit de Bonaventure ; le désir de les posséder faisait vibrer toutes les fibres de son cœur. Si dans ses colloques avec Dieu il goûte par anticipation les joies ré- ^ servées aux élus, il se hâte de redescendre sur la terre afin d'y recruter des convives pour s'asseoir au banquet des anges; il s'épuise en invitations tendres et affectueuses pour gagner des prosélytes parmi ceux qui mé-

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