Saint Thomas d'Aquin, 1. I, c. xni
cède à laT^ueur de ses statuts; i!s n'ont ni l'un ni l'autre l'âge exigé pour enseigner publiquenaenty et c'est avec empressement que la jeunesse; écoute leurs doctes leçons.
L'alsondante production de leur génie est d'une fécondité qui dépasse les forces naturelles de l'esprit humain. D'où leur venait cette puissance? Les esprits célestes conféraient aivec Tiiomas d'Aquin sur les questions les plus élevées de la théologie; interrogé sur la source où il puisait tant de profondes connaissances, Bonaventure indique du doigt son cracifix : « Voilà le livre qui m'instrvit ».
Composant la Légende de saint François, il reçut là visite de son ami le docteur angélique ; c'était à Paris. Thomas s' approchant vit Bonaventure en extase : « Laissons un saint travailler pour un saint, » s'écriat-il; et sans bruit il s'éloigna.
Bonaventure s'occupait de la Passion plus que de l'étude. Un jour donc que saint Thomas conférait avec le docteur séraphique, il aperçut sur la tête de son ami un crucifix, et des rayons partant des plaies sacrées venaient aboutir sur les écrits de Bonaventure. A partir de cet instant, et par respect pour le Christ, Thomas n'osait plus raisonner avec Bonaventure i.
En nos deux saints les biographes^ reconnaissent les mêmes effusions d'amour envers la divine Eucharistie, même tendresse filiale à l'égard de la bienheureuse Vierge Marie.
Tous deux excellèrent dans l'art de bien dire. M^"^ Ereppel parlant d'abord de saint Thomas, s'exprime ainsi : « Je me dis a moi-même qne si cet homme n'est, pas éloquent à force de bien dire, il est éloquent à force d'avoir raison »; puis de saint Bona-