Compend. stud., p. 434, Brewer, London,, iSSg
2. Scriptor. Ord. Prœd., 11, 61^. — Hist. litteE.,, xix,, 247.
éternelles : mais la vérité, dira plus tard Bonavenliire, ne nous arrive que « par trois voies : la parole, l'arg^umentation et la persuasion. La grammaire enseigne l'ordre des mots, la logique ou dialectique nous apprend à conquérir par le raisonnement l'assentiment des intelligences, et la rhétorique dispose par la persuasion les esprits à l'amour de la vérité^ ».
Avec une telle discipline un élève laborieux ne pouvait manquer d'acquérir de vastes connaissances. Formé à ce régime, l'écolier devenu maître dira aux Novices de son Ordre : « Pour ce qui est de la lecture quotidienne il faut en conserver chaque jour quelque chose au' sein de la mémoire, se l'assimiler fidèlement, se le rappeler et ranimer fréquemment, « et puisqu'il ^'agit surtout d'en nourrir l'âme, y) il faut que ce soit quelque chose adapté à notre sujet, utile à notre intention, servant à maintenir l'âme dans la voie droite sans s'arrêter à penser des choses étrangères 2. »
Le jeune étudiant suivit jusqu'au bout le programme du Trivium, en fut-il de même de celui du Quadrivium? La lecture de ses écrits permet de le penser. Dans les couvents le but principal des études était la science théologique ; la connaissance des sciences naturelles était pour ainsi dire exclue ; il ne nous convient pas, écrivait Jacques de Vitrj, de trop nous occuper des livres naturels, non expedit in libris naturalibus occupari... au contraire, nous pouvons en toute sécurité suivre les études scolastiques qui préparent notre esprit à la piété, telles sont la grammaire, la dialectique et la rhétorique. Mais il faut rejeter absolument celles du Quadrivium d'où nous ne saurions tirer aucun profit ; bien qu'elles soutiennent aussi la vérité, elles ne portent pas à la
1, Hexamer.j serm. ir.
2, Specul. discipl. ad Novit, p. I.
piétéi. » Pourvu qu'on sût lire couramment le latin et le parler c'en était assez pour être initié à la théologie.
Si certains philosophes d'alors regardaient comme chose de dérision que de s'adonner à l'étude de la perspective, de la géométrie, des langues et autres connaissances, ce jugement n'était pas celui de tous. Un docte frère Mineur, Roger Bacon, s'insurgeait contre le commun des étudian ts, qui professaient un si haut mépris pour les sciences. « Connaître toutes ces choses, disaitil, n'est pas un fardeau qui appesantit, mais au contraire qui allège, ainsi que les plumes des oiseaux, qui, s'ils lès perdent ne peuvent plus s'élever dans les airs. Ceux qui possèdent ces sciences font un facile progrès dans toutes les autres, et avec elles acquièrent plus en peu de temps que sans ellen ils ne le feraient en beaucoup de temps^. »
Celui qu'on devait nommer le docteur séraphique, ne s'arrêta pas à mi-chémin, il n'appartenait pas à cette catégorie de philosophes et de théologiens qui se riaient des sciences ; avec les sages et les saints il condamnera dans les mathématiques la partie dont abuse la magie, et non pas celle qui est utile à la philosophie; dans l'astronomie il réprouvera ce qui est de la superstition,' et non ce qui est selon l'ordre naturel. « Les sciences naturelles et la métaphysique condamnées à Paris depuis quarante ans, sont, disait Roger Bacon, remises en honneur comme une doctrine saine et utile. Si, du reste, on rejeta pendant longtemps les études philosophiques, c'est que souvent lui était conjointe la magie, art détesté par les vrais philosophes 3. »
Au maître anonyme qui s'offensait de voir les frères
i. Pitra, Anal, novissiin.^ II, 368-370.