I. Itiner. ment., c. vu
nité littéraire de saint Bonaventure n'est étayée par ajiçun manuscrit ni par aucune autorité ancienne », pour ce qui concerne le Laudismiis.jy BMcnns l'attri-r buent à saint Bernard, à qui le docteur franciscain emprunta tant de pensées. Il ne serait pas invraisemblable dans ce cas que Bonaventure ait fait siennes les strophes du saint; abbé, modifiant ou ajoutant d'autres vers et stances nouvelles au gré de sa dévotion.
Daniel assure que les liymnes de la Passion dues au génie de not,re saint, furent en usage dans la cathédrale d'Halberstadt en Saxe jusqu'au siècle dernier! !
Bonaventure fut poète. « A mesure que I'qîi étudie le treizième siècle, dit Ozanam, on, s'aperçoit que quand la raison a produit sous une forme exacte et lumineuse la vérité qu'elle conçoit, elle demeure satisfaite ; mais , l'amour ne se contente pas si facilement, il faut qu'il produise les beautés dont il est touché, dans un langage qui émeuve et qui ravisse. L'amour est inquiet, il ajoute à la parole, il lui donne l'essor poétique, il lui prête le rythme et le chant comme deux ailes-. »
Il en fut pour Bonaventure comme pour François. L'amour séraphique qui embrasait ces deux cœurs communiquait au langage de l'un et de l'autre une allure essentiellement poétique. Biche, noble, élevé, imagé, solennel était le style de Bonaventure. En tout et toujours il fut poète, poetafu sempre; il appartenait à la génération de ces écrivains dont parle Lamartine, il fut « plus poète peut-être en sa prose que dans les vers ».
Dans ses œuvres poétiques il s'abaissapour se mettre à la portée de tout lecteur, atténuant la vivacité de
1. Danielj Thesaur. hymnol., vol. 11^ 221. — Ritnii latini, c. I, 5,, Jallonghi.