‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 56 sur 143 · Ozanam^ Poètes franciscains, 80^ Paris · texte numérisé non relu

Ozanam^ Poètes franciscains, 80^ Paris

son imagination, donnant à l'expression une tournure simple mais précise, afin d'imprimer son souvenir en toutes les mémoires. « A cette fin, dit-il, j'ai essayé de cueillir ce bouquet de myrrhe, résumé en peu de mots, bien ordonnés et appropriés, simples et compréhensibles par tous, pour obvier à la curiosité, fomenter la dévotion et édifier la piété de la foi *. »

Bonaventure sut faire un excellent usage des diverses formes de vers admis dans la poésie du moyen âge, où la rime était un des principaux éléments de la rythmique. La poésie classique avait vécu, la nouvelle forme, avec sa richesse de variété et flexibilité se prêtait à merveille à exprimer tous les sentiments de la piété chrétienne. Bonaventure sut en tirer parti, et ses œuvres sont émaillées de vers parfois exquis. N'estelle pas charmante cette strophe de Philomena?

Sic affecta pia mens sitil paupertatem, Cibi parcimoniam, vestis vilitatem :

Laboi" ei vertitur in jucunditatem ; Vilem esse sœculi dicit venustatem.

Un des mérites encore de la poésie bonaventurienne est d'avoir ouvert la voie à la poésie vulgaire, et d'avoir servi d'inspiration au bienheureux Jacopone de Todi. Il a été démontré que certains fragments du Stabat Mater ne sont que des imitations dxi Laudismus^.

Parmi les poésies attribuées à Bonaventure toutes ne sont pas dues à sa plume. D'après les plus récentes recherches, on est unanime à lui accorder la paternité des dix pièces dont voici la nomenclature :

Philomena, — Office de la passion, — Méditation de

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