I. Serm. ii, in Dom. Ram
Fîta Nuova, et qui l'amènera ensuite, à travers les cercles de l'Enfer et du Purgatoire, jusqu'à l'éternelle contemplation de Dieu, c'est Bônaventure qui en a été le grand inspirateur^. »
Plus que Thomas d'Aquin, Bônaventure est devenu l'inspirateur des poètes et des artistes, car, selon la remarque de Thode, « ce ne sont pas les dogmes discutés entre les Thomistes et les Scotistes qui importent à l'art et à la poésie, c'est l'amour >). Or l'influence pratique du séraphique docteur est de faire converger tous les cœurs vers l'amour de Dieu et de la bienheureuse Vierge Marie, la sainte Mère du Christ. '
Bônaventure fut-il musicien ? Peut-être ne le fut-il pas au sens que l'entendait Guy d'Arezzo ; peut-être ne possédait-il pas sur les tonalités, le rythme et le reste tout ce qu'exigeait d'un musicien le savant arétin. Il est certain néanmoins qu'il avait de la musique des notions suffisantes pour pouvoir en parler avec l'autorité de quelqu'un qui a conscience de ce qu'il affirme. Il n'est guère admissible qu'à celte époque où l'étude de la musique était considérée non seulement comme utile, mais « comme une nécessité pour la compréhension de la sainte Écriture ^ », Bônaventure ait négligé cet art.
Dans les familles religieuses la connaissance de la musique était d'utilité, pratique. Si les Frères Mineurs ne pouvaient célébrer les fonctions liturgiques avec la solennité et la pompe des grandes abbayes et des cathédrales, on ne voit pas que saint François en leur donnant le Bréviaire de la Curie romaine les ait dispensés du chant pour ne lès obliger qu'à une simple récitation. L'histoire ne parle-t-elle pas du saint fondateur, rem-